Alors que 190 pays se réunissent à Bangkok pour poursuivre les négociations sur la deuxième phase du protocole de Kyoto, une étude estime que les températures mondiales pourraient avoir augmenté de quatre degrés d’ici 2050 si les tendances actuelles d’émission de gaz à effet de serre se confirment.
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L’étude, réalisée par le Hadley Center au Met Office britannique, fait écho au rapport des Nations Unies de la semaine dernière qui a révélé que le changement climatique devançait les pires scénarios envisagés en 2007 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies (GIEC).
« Nos résultats montrent des tendances similaires à celles du GIEC, mais suggèrent aussi la possibilité de voir des changements extrêmes encore plus importants se produire », a déclaré Debbie Hemming, co-auteur de la recherche présentée lors d’une conférence sur le changement climatique à l’Université d’Oxford le 28 septembre.
Les dirigeants des pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre ont admis en juillet 2009 le point de vue scientifique selon lequel pour éviter davantage de changements climatiques dangereux, les températures ne devraient pas excéder deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels.
Le GIEC a partagé en 2007 le prix Nobel de la Paix pour son quatrième rapport d’évaluation, ou AR4. L’une de ses conclusions était que les températures mondiales pourraient s’élever de quatre degrés à la fin des années 2050. L’étude britannique confirme que ce niveau de réchauffement pourrait se produire plus tôt, au milieu de la décennie 2050, et évoque des effets locaux plus importants.
Une des avancées notables depuis 2007 est la modélisation des effets des cycles carbone. Si, par exemple, une partie de la forêt tropicale amazonienne disparaissait après une sécheresse, les sols seraient exposés et relâcheraient alors du carbone provenant de la matière organique auparavant protégée du soleil.
La somme de dioxyde de carbone libérée dans l’atmosphère augmenterait alors et par là même le réchauffement global.
190 pays vont tenter, sous l’égide de l’ONU, de se mettre d’accord sur les moyens de ralentir le réchauffement climatique mondial lors de la conférence de décembre à Copenhague.
Le président chinois Hu Jintao a gagné des points en s’engageant à limiter « notablement » la croissance des émissions de son pays, à l’occasion d’un sommet climatique des Nations Unies à New York mardi 22 septembre. D’autres dirigeants ont promis de convenir d’un nouveau pacte climatique. L’UE s’est, elle, engagée à réduire ses émissions de 20%, 30% en cas d’accord international, pour maintenir la hausse des températures en dessous de deux degrés.
Les hausses de température sont comparées aux niveaux préindustriels. La planète s’est réchauffée de 0,7 degrés au XXème siècle, selon les scientifiques. Une augmentation moyenne mondiale de quatre degrés a masqué des augmentations régionales plus importantes, y compris des réchauffements de plus de 15 degrés dans certaines zones de l’Arctique, et jusqu’à 10 degrés de plus en Afrique de l’Ouest et du Nord, selon l’étude britannique. « C’est plutôt extrême », a déclaré Mme Hemming. « Je ne pense pas que tout le monde se rende compte de cette situation », a-t-elle ajouté.
« Avec la fonte des glaciers, la région reflètera moins la lumière du soleil, ce qui peut contribuer à déclencher un effet d’emballement. Des telles températures dans l’Arctique pourraient aussi faire fondre le permafrost, qui a jusqu’ici piégé le méthane, ce puissant gaz à effet de serre, ce qui contribuera à déclencher des effets d’emballement », selon Mme Hemming.
L’étude indique que les précipitations de ce siècle pourraient chuter d’un cinquième ou plus dans certaines zones d’Afrique, d’Amérique centrale, de Méditerranée et d’Australie côtière ; il pourrait s’agir de résultats plus extrêmes que les conclusions du GIEC de 2007.




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