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En vertu du principe pollueur-payeur, les plus gros pollueurs devraient faire des efforts plus importants pour réduire leurs émissions de CO2, a déclaré le ministre français de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables, Jean-Louis Borloo, au quotidien britannique Financial Times, le 14 novembre. Selon lui, rien ne justifie d’accorder un droit de polluer plus important à ceux qui achètent les plus gros véhicules.

Les constructeurs allemands préconisent un système dans lequel le secteur de l’automobile en Europe recevrait des plafonds différents en fonction du poids des véhicules produits. Ce système permettrait ainsi aux véhicules les plus lourds, comme les véhicules utilitaires de sport et les modèles de luxe, de dépasser l’objectif de 130 grammes de CO2 par kilomètre, fixé par la Commission.

Les constructeurs allemands produisent généralement des véhicules plus gros et très performants, tandis que les constructeurs français et italiens sont spécialisés dans la production de modèles plus petits, à faible consommation de carburant.

Un rapport de l’ONG écologiste Transport & Environnement (T&E), publié le 15 novembre, révèle que les constructeurs automobiles français, notamment Peugeot, Citroën et Renault, ont en moyenne des émissions de carbone beaucoup plus faibles que les constructeurs allemands, comme Volkswagen, DaimlerChrysler et BMW (144 g/km contre 173 g/km).

De plus, les contructeurs français seraient parvenus à réduire leurs émissions de 1,9 % entre 2005 et 2006, tandis que les constructeurs allemands ont augmenté leurs émissions de 0,6 % – allant à l’encontre des objectifs européens ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique.

Selon M. Borloo, la proposition allemande génèrera des restrictions pour les petits véhicules et encouragera la production de voitures plus lourdes, au lieu de promouvoir les technologies innovantes destinées à alléger les plus grosses voitures.

L’ONG T&E ajoute qu’il existe un lien important entre le poids d’une voiture, sa consommation en carburant et les émissions de CO2, et que pour chaque point de pourcentage de poids économisé sur un véhicule, les émissions peuvent diminuer jusqu’à 0,8 %.

Pour Jos Dings, directeur de T&E, baser les normes de CO2 sur le poids serait donc complètement contreproductif, car cela pénaliserait les réductions de poids par des normes plus strictes. 

Il y a quelques mois, l’association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a défendu une approche basée sur le poids. Selon l’association, il s’agirait probablement du meilleur paramètre pour fixer des plafonds dans l’industrie afin de préserver la diversité pour les consommateurs. Elle souligne que les marques se positionnent sur plusieurs segments de marché différents. 

Refusant de commenter un désaccord potentiel entre les constructeurs français et allemands, la directrice de la communication de l’ACEA, Sigrid de Vries, estime ridicule d’affirmer que les constructeurs ne cherchent pas à réduire les émissions de CO2 et désapprouve les réglementations européennes strictes en matière de sécurité des voitures pour les véhicules plus lourds. 

D’après Sigrid de Vries, l’ACEA est très déçue que les ministres des Finances aient rejeté, le 13 novembre, la proposition de la présidence portugaise de taxer les voitures en fonction de leurs émissions de CO2, en raison de l’opposition des Etats membres à coopérer davantage au niveau européen dans le domaine fiscal.