La France et le Brésil font cause commune pour le climat. C’est ce qu’ont décidé les deux pays, à peine un mois avant la Conférence des Nations Unies sur la lutte contre le changement climatique (CNUCC), qui se déroulera à Copenhague entre le 7 et le 18 décembre. Dans un texte de trois pages, présenté samedi 14 novembre, Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio da Silva précisent leurs vues.

Rappelant les objectifs fixés par le groupe d’experts international sur le climat (GIEC) de réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, Français et Brésiliens insistent sur la nécessité « d’établir des ponts entre les pays et s’engagent à favoriser le développement d’une vision commune entre le G77/Chine et les pays industrialisés ».

Alors que les chances d’un compromis à Copenhague semblent s’amenuiser, Nicolas Sarkozy et son homologue brésilien se disent en effet « déterminés à accélérer le rythme des négociations afin de parvenir à un accord ambitieux basé sur la feuille de route de Bali ». Les deux pays rappellent que toutes les parties doivent « formuler, mettre en œuvre, publier et actualiser leurs programmes nationaux comportant les mesures destinées à atténuer le changement climatique et à faciliter l’adaptation ».

Une déclaration qui peut passer pour un vœu pieux étant donné les récentes annonces du conseiller de Barack Obama, Michael Froman, précisant le refus du président américain de s’engager cette année sur des objectifs contraignants de réduction de gaz à effet de serre. Les Etats-Unis et la Chine sont par ailleurs soupçonnés de vouloir faire leur jeu dans leur coin et d'imposer ensuite leurs vues à la communauté internationale dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. 

Le texte franco-brésilien ajoute que les pays de l’annexe 1, c’est-à-dire ceux qui ont ratifié le protocole, doivent être en mesure de réduire de 80% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à 1990. Les Etats-Unis, qui n’ont jamais ratifié Kyoto, ne sont donc pas visés par ces lignes.

Le texte évoque également la nécessaire contribution des pays en développement (PED) à l’effort mondial de lutte contre le changement climatique par « une déviation substantielle de l’augmentation de leurs émissions ».

Afin de vérifier l’efficacité des mesures prises par les pays signataire de la deuxième phase du protocole de Kyoto, la France et le Brésil plaident pour la mise en place d’un registre permettant de vérifier les actions nationales d’atténuation des PED et du soutien financier accordé par les pays développés.

Aucun chiffre sur l'aide aux PED

Le montant de ce soutien financier n’est cependant pas précisé par le texte qui évoque seulement la nécessité d’augmenter graduellement le financement public international. Depuis le début des préparations de la conférence de Copenhague, la France refuse de se prononcer sur un montant précis de l’aide de l’UE aux PED. Le Conseil européen des 29 et 30 octobre s’est borné à valider les propositions de la Commission européenne selon laquelle l’aide globale est évaluée à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020 (EurActiv.fr, 02/11/2009). Mais aucune précision n’a été donnée sur le montant public nécessaire. L’exécutif européen a seulement évoqué une fourchette comprise entre 2 et 15 milliards d’euros.

Autre sujet chaud de la négociation, le transfert de technologies des pays développés aux PED.

Le texte se borne à mentionner la nécessité d’une « coopération accrue » entre PED et pays développés dans ce domaine. La création de pôles internationaux de partage des connaissances et de l’information ou de centres nationaux et régionaux de technologies respectueuses de l’environnement est également mentionnée.

La lutte contre la déforestation, particulièrement importante pour le Brésil, fait aussi l’objet de recommandation. Les deux pays souhaitent veiller à ce que « la réduction des émissions due à la déforestation fasse partie des conclusions de Copenhague et soutiennent l’inclusion de cet objectif dans le cadre de la Convention».

Paris et Brasilia estiment enfin nécessaire de créer une organisation internationale consacrée à l’environnement et au développement durable afin de donner « plus de cohérence aux efforts de la communauté internationale dans ces domaines ». Cette structure devrait, selon eux, être mise en place lors de la Conférence de Rio en 2012.