Dans l’ensemble, les constructeurs français et italiens sont les moins polluants par rapport aux objectifs fixés par la Commission européenne. Néanmoins, les marques japonaises, américaines et allemandes sont sur le point de combler leurs retards par rapport à leurs homologues français et italiens. Reste que d’ici 2012, c’est le chiffre de 130 grammes de CO2 par kilomètre que l’ensemble des fabricants doit atteindre.
Bon élève en 2007, le fabricant allemand BMW a réduit l’année dernière les émissions de CO2 de ses véhicules de 7,3 % en moyenne. A l’inverse, le constructeur japonais Honda a augmenté la moyenne de ses émissions de CO2 de 1,1 %.
Maintenir la pression sur les constructeurs
Selon l’enquête, les progrès accomplis par BMW prouvent que les constructeurs sont en mesure de réaliser des réductions d’émissions conséquentes lorsqu’ils se trouvent sous la menace de règlements et d’amendes. A écouter Jos Dings, directeur de T&E, il ne faut pas accorder à l’industrie automobile les longues périodes préparatoires que celle-ci réclame afin de faire face aux coûts engendrés par la diminution des rejets de CO2. M. Dings appelle donc l’UE à ne pas relâcher la pression sur les objectifs de réduction de CO2 fixés aux constructeurs européens.
Néanmoins, en juin dernier, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy sont parvenus à un accord officieux. Ce dernier autorise une période préparatoire substantielle pour les constructeurs automobiles ainsi qu’une plus grande souplesse concernant les amendes relatives aux écarts de CO2 de 8 g/km et moins. (EurActiv.fr 10/06/08).
M. Dings déplore également l’attitude des constructeurs automobiles allemands, selon lesquels les objectifs de réduction des émissions de CO2 ne devraient être appliqués qu’aux voitures les plus propres. Un système équivalent à imposer une interdiction de fumer ne s’appliquant qu’aux non-fumeurs.
Renforcer le règlement de la Commission
T&E espère que la commission environnement du Parlement européen, qui se prononce sur ce dossier les 8 et 9 septembre, renforcera le projet de règlement de la Commission. Toutefois, le projet de l’eurodéputé italien Guido Sacconi, rapporteur du texte, soutiendrait « l’approche intégrée » de la Commission. Selon cette approche, les constructeurs ne devraient ramener la moyenne d’émissions de leurs modèles qu’à 130 g/km; le reste de la réduction étant assuré par des mesures complémentaires telles que les biocarburants ou les pneus à faible consommation de carburant. Un objectif de 95 g/km d’ici 2020 serait toutefois fixé.
Les constructeurs automobiles estiment qu’ils ont accompli d’énormes progrès en construisant des voitures plus efficaces. Ils regrettent toutefois que le public ne les achète pas, leur préférant des modèles plus confortables, plus sûrs et plus rapides générant davantage d’émission que les modèles plus petits.
Un phénomène constaté notamment en Suède, où les chiffres de T&E mettent en évidence l’attachement des Suédois à Volvo et Saab, leurs marques nationales dont les taux d’émissions de CO2 sont élevés. Dans ces pays, les émissions des nouvelles voitures vendues en 2007 atteignent une moyenne de 180 g/km. Largement au-dessus de la moyenne européenne de 158 g/km.



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