Le coordinateur européen pour l’interconnexion franco-espagnole, Mario Monti, devrait remettre prochainement un rapport d’étape à la Commission européenne. Confrontée à de sérieux problèmes d’approvisionnement, l’Espagne se montre pressante. Mais l’opposition des populations pyrénéennes, et les échéances électorales locales à venir, incitent les responsables français à la prudence.
Documents officiels
Commission européenne
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communiquè de presse liaisons prioritaires 19 septembre
Positions
Réseau de Transport d'électricité
renforcement de l'interconnexion électrique France Espagne
Contexte :
Bien que la France, l’Espagne et les institutions européennes rappellent régulièrement, depuis le Conseil européen d’Essen en 1994, l’importance majeure du renforcement de l’interconnexion électrique à travers les Pyrénées, les projets de construction de lignes à très haute tension (THT) échouent systématiquement devant l’opposition des écologistes, des populations et des élus locaux concernés par les tracés proposés.
L’Union européenne s’est fortement réengagée récemment pour relancer les interconnexions électriques (Lire le dossier). Des coordinateurs européens ont été notamment nommés, le 13 septembre 2007, pour mener à bien les projets prioritaires.
Chargé du projet d’interconnexion franco-espagnole, l’ancien commissaire européen à la Concurrence, Mario Monti, a fait part de ses premières conclusions, le 3 décembre, au commissaire européen à l’Energie, Andris Piebalgs, et lui remettra un premier rapport intérimaire dans les prochaines semaines.
Enjeux :
Un intérêt majeur pour l’Espagne
Alors qu’aucune nouvelle ligne électrique n’a été installée à travers les Pyrénées depuis 1982 et que les quatre liaisons à haute tension existantes sont saturées depuis déjà plusieurs années, l’Espagne a un intérêt encore plus pressant que la France au renforcement de l’interconnexion. La question de la sécurité de son approvisionnement se pose en effet de manière croissante.
En raison de sa situation péninsulaire, l’Espagne est relativement peu interconnectée au réseau européen, tandis que la France a beaucoup plus de frontières et donc de liaisons électriques avec des Etats voisins. Un rapport du ministère de l’Industrie espagnol s’alarme ainsi du risque de black-out dans plusieurs régions d’Espagne tandis qu’une panne de 48h, à Barcelone, en juillet, a révélé les carences du réseau espagnol.
Lors d’un colloque énergétique franco-espagnol organisé à Madrid, le 22 novembre, le secrétaire général espagnol à l’Energie, Ignasi Nieto, a ainsi affirmé qu’il y avait « urgence sur les interconnexions ».
Les responsables français plus prudents
Le Directeur général de l’énergie et des matières premières au ministère de l’Economie, des finances, et de l’industrie, Pierre-Franck Chevet, a certes confirmé la volonté politique de la France d’avancer sur le sujet mais a aussi précisé qu’il « faudra[it] s’attacher collectivement à traiter les enjeux environnementaux ». Le président du réseau de transport d’électricité français RTE, Dominique Maillard, a rappelé de son côté qu’aucun des trois projets de tracé actuellement à l’étude ne satisfaisait l’ensemble des parties prenantes, notamment les associations de riverains.
Entre optimisme et inquiétude
Mario Monti a néanmoins indiqué le 3 décembre au commissaire Piebalgs que « bien que le projet soit très complexe, notamment au niveau politique, il constatait une certaine dynamique positive » et qu’il était ainsi « confiant dans la volonté des deux Etats à s’employer à trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties concernées ».
L’ancien commissaire européen s’est montré plus pessimiste le 22 novembre, en déclarant qu’« il faudra multiplier les efforts de pédagogie » car « la situation de départ n’est pas bonne du tout ». Il a aussi indiqué que les échéances électorales de mars 2008 dans les deux pays n’allaient pas faciliter la tâche.
Si, en raison des récents problèmes d’approvisionnement électrique, le thème de l’interconnexion est susceptible d’être populaire lors des élections législatives espagnoles, il le sera beaucoup moins à l’occasion des scrutins locaux en France, étant donnée l’hostilité des populations pyrénéennes. Les groupes écologistes et de riverains s’opposent fermement à la construction de nouvelles lignes THT et mettent en avant des risques sanitaires et environnementaux.
Un sujet au cœur du sommet France-Espagne
L’ambassadeur de France en Espagne, Bruno Delaye, a toutefois assuré que le sujet de l’interconnexion électrique serait au centre des discussions entre Nicolas Sarkozy et le premier ministre espagnol Zapatero lors du sommet France-Espagne, le 10 janvier 2008 à Paris.




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