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Des relations tendues

Le Sommet européen de Samara a montré la « dégradation des relations politiques » entre l’Union européenne et la Russie, a déclaré à EurActiv.fr Thomas Gomart, docteur en histoire des relations internationales à Paris I et directeur du programme Russie/CEI à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Or, l’accord de coopération et de partenariat avec Moscou arrive à échéance fin 2007.

Si l’absence d’ouverture de négociations avec le Kremlin à ce sujet n’a rien d’inquiétant, l’accord étant renouvelé automatiquement, celle-ci révèle surtout les blocages entre Européens et Russes sur de nombreux sujets : la signature d’un pacte énergétique entre les deux entités, le blocage de la situation au Kosovo, l’avenir du traité des forces conventionnelles en Europe (FCE), ou encore la création d’un gazoduc russo-allemand en mer Baltique.

« Le dialogue entre l’Union européenne et la Russie souffre aujourd’hui d’une série de relations bilatérales détériorées, comme par exemple entre Moscou-Varsovie, Moscou et les pays baltes ou depuis récemment entre Moscou et Londres », rappelle Thomas Gomart. Il précise toutefois qu’il est important de « distinguer le blocage technique sur le partenariat énergétique du blocage politique entre les capitales européennes et la Russie ».

Les pays baltes et la Pologne sont d’ailleurs une nouvelle fois montés au créneau, mardi 24 juillet, au sujet du tracé du gazoduc censé relier la Russie à l’Allemagne. Les gouvernements des quatre pays ont adressé une lettre à la Commission pour demander que le gazoduc ne soit pas sous-marin mais terrestre, passant ainsi sur leurs territoires. 

L’Allemagne avant tout

Mais sur les questions énergétiques, le directeur du programme Russie/CEI de l’Ifri est catégorique : « Pour Moscou, le partenaire le plus important au sein de l’Union européenne est l’Allemagne ». Les liens extrêmement étroits entre les deux pays au niveau industriel, relayés par une multiplicité de canaux entre leurs sociétés, explique cette situation. Si la France reste un partenaire très important de la Russie sur le plan bilatéral, « la politique du Kremlin vis-à-vis de la France ne peut se concevoir de façon autonome », estime Thomas Gomart. “Moscou s’intéresse d’abord à Berlin, avant Paris. La politique française du Kremlin n’est qu’une extension de sa politique à l’égard de l’Alllemagne”.

A propos de l’accord récemment conclu entre Gazprom et Total, « un grand succès pour Total qui a réussi à convaincre les autorités russes », le chercheur n’exclut pas totalement qu’une intervention politique entre la France et la Russie ait pu avoir lieu en sous-main. « Il est cependant toujours difficile dans des dossiers aussi lourds et complexes de démêler ce qui relève du pur accord commercial et ce qui relève de discussions plus politiques », souligne Thomas Gomart.

Le Sommet du G8 du mois de juin a constitué la première rencontre entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine, deux hommes dont la relation « est en train de se construire ». Malgré les propos peu amènes tenus par le candidat Sarkozy pendant la campagne électorale, Thomas Gomart indique que « le président français est sorti de son premier entretien avec le président russe avec une bonne image de Vladimir Poutine », ajoutant : « Mais il ne faut pas réduire la relation entre les deux pays au simple dialogue présidentiel ».

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