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« Plutôt pessimiste » sur les chances de succès d’une Union méditerranéenne, Jean-Marie Chevalier, spécialiste de l’énergie et de l’Afrique du Nord, rappelle notamment que les difficultés du processus de Barcelone proviennent de « l’absence totale d’accord politique entre les pays du Maghreb ». L’avenir des relations énergétiques euro-méditerranéennes passe, selon lui, par « des projets d’investissement concrets et directement orientés vers le marché, menés par des entreprises », et non par une intervention politique entre les pays.

L’Europe importe aujourd’hui plus de 50% de son énergie. L’intérêt stratégique du bassin méditerranéen, dont les pays comme l’Algérie, la Libye ou l’Egypte « regorgent de pétrole », est donc évident, explique Jean-Marie Chevalier. Pour autant, plutôt que de dépendance européenne, il préfère parler « d’interdépendance ». Les Algériens, par exemple, « dépendent des ressources que les Européens leur payent » en achetant leurs hydrocarbures.

L’Europe cherchant à diversifier ses sources d’approvisionnement, le gaz algérien ne devrait pas prendre une part plus importante dans les importations européennes à l’avenir, selon le professeur. En revanche, la Libye ou l’Egypte, moins exploités, devraient profiter des besoins de l’UE. A plus long terme, la rive sud de la Méditerranée présente également un potentiel important en termes d’énergies renouvelables, puisque « les pays d’Afrique du Nord ont des ressources abondantes en solaire ou en éolien », indique M. Chevalier.

L’intégration des marchés énergétiques du nord et du sud de la Méditerranée prend un visage différent selon les sources d’énergie considérées. Si le marché pétrolier est « de toute façon mondial, le renforcement de l’interconnexion gazière est en revanche nécessaire et passe par la construction de nouveaux gazoducs transméditerranéens ». Dans le domaine électrique, le potentiel d’intégration des marchés est « plus intéressant », d’après M. Chevalier. Le projet de boucle électrique méditerranéenne prend lentement forme, même si  l’interconnexion est pour l’instant limitée à une seule liaison entre le Maroc et l’Espagne.

Le nucléaire comme les énergies renouvelables ont aussi toute leur place mais leur intérêt est évidemment plus pressant pour un Maroc « qui dépend à 90% des importations pour son approvisionnement énergétique » que pour la Libye ou l’Algérie, riches en hydrocarbures. Des coopérations pour l’installation de parcs éoliens au Maroc ont déjà, par exemple, été menées. Cette question est cependant plus compliquée, car « construire une centrale nucléaire prend beaucoup de temps », explique Jean-Marie Chevalier. On ne s’improvise pas dans le nucléaire ».

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