« Pour certains européens, la politique énergétique renvoie au combat contre le changement climatique, et pour d’autres, à la sécurité énergétique. Les deux postulats vont ensemble. Sans sécurité énergétique, et sans une politique énergétique globale, nous ne pouvons pas nous occuper du changement climatique», a déclaré le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, lors de la cérémonie d’ouverture du campus du Collège d’Europe à Bruges, le 4 novembre.

En mars 2010, le Conseil devrait accepter un nouveau projet relatif à la politique énergétique européenne. Les principaux objectifs seront un transport du gaz plus efficace et une diversification des sources. Ces deux principes concernent l’approvisionnement externe de l’Union européenne mais aussi la circulation entre les Etats membres. Un programme « pas assez ambitieux », a souligné le président du Parlement.

Jerzy Buzek a comparé la situation de l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale avec celle d’aujourd’hui. « En 1951, les Communautés européennes du charbon et de l’acier définissaient un contrôle conjoint sur le charbon, source essentielle d’énergie. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une nouvelle déclaration Schuman, non par crainte d’un conflit militaire, mais pour signifier notre besoin de solidarité dans la production, l’achat et la consommation d’énergie », a-t-il affirmé.

Selon le président du Parlement européen, le projet nécessite des ressources financières pour construire des réseaux énergétiques et améliorer les interconnexions. Il s’agit également de diversifier les sources d’énergie et d’investir dans le renouvelable. « Aucun Etat membre ne peut se permettre de refuser le projet, mais aucun d’entre eux ne peut le mettre en œuvre tout seul », a plaidé Jerzy Buzek. « Seuls des investissements européens de long terme permettront d’y parvenir ». 

« L’enjeu de la politique énergétique est tel, en termes de souveraineté, que plusieurs membres risquent d’hésiter à se lancer. Toutefois nous devons prendre les devants et progresser avec les Etats volontaires », a estimé le président du Parlement européen. « Il est temps que les pays mettent leur souveraineté au service de la production électrique », a-t-il conclu.