Contexte :

Atteindre 20% d’efficacité énergétique d’ici 2020, fait partie des objectifs entérinés par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen des 8 et 9 mars 2007. Cet objectif n’est cependant pas contraignant, contrairement à ceux fixés pour la réduction des gaz à effet de serre (20% d’ici 2020) et de renouvelables (20% dans la consommation, toujours d’ici 2020) (Lire le dossier d’EurActiv.fr).

Aujourd’hui, une directive de 2006 établit le cadre juridique pour l’efficacité énergétique dans l’UE. 

Le texte européen invitait les Etats membres à remettre à la Commission européenne un plan d’action national sur l’efficacité énergétique avant le 30 juin 2007.

Le plan français, qui doit respecter l’objectif européen intermédiaire de 9% de réduction de consommation d’énergie d’ici 2016, se situe bien en-dessous, avec seulement 2 % de réduction par an.

Le Conseil européen des 19 et 20 juin 2008 a exprimé de fortes inquiétudes  concernant le peu d’efforts fournis par les Etats membres en termes d’économies d’énergie.

La France, qui assurera à partir du 1er juillet 2008 la Présidence de l’UE, a fait du changement climatique l’une des quatre priorités de sa Présidence.

Enjeux :

L’eurodéputé Claude Turmes (Verts) a profité de la conférence organisée le 27 juin 2008 à l’Assemblée Nationale par des associations de protection de l’environnement françaises pour pointer du doigt l’inefficience des plans nationaux d’efficacité énergétique dans l’UE.

Pour remédier à ce problème, il faut, selon lui, rendre contraignant l’objectif européen de 20% d’économies d’énergie. “Il a été passé à la trappe par les Etats membres”, estime-t-il.

« Il faut utiliser la carotte et le bâton, sinon l’efficacité énergétique, qui devrait être considérée comme une priorité, ne le sera jamais », a-t-il ajouté.

Faire financer les objectifs nationaux d’efficacité énergétique par la Banque européenne d’investissement (BEI) est l’un des moyens incitatifs, qui pourrait, selon lui, compenser le caractère obligatoire de l’objectif à atteindre.

Avantageux à plus ou moins long terme, les prêts de la BEI sont parfaitement adaptés aux investissements nationaux pour la réduction de la consommation énergétique”, a expliqué Claude Turmes.

L’idée de rendre contraignant l’objectif de 20% d’efficacité énergétique fait partie des chevaux de bataille des ONG environnementales, notamment du Réseau Action- Climat France (RAC).

Selon le RAC, les économies d’énergie conditionnent le respect des objectifs de l’UE en matière d’énergies renouvelables et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’ONG a donc appelé la France à être exemplaire en ce domaine. D’autant plus que les accords conclus sous Présidence française de l’UE auront des répercussions sur les négociations internationales sur le climat en cours.