« Notre projet consiste à avoir au moins deux centrales nucléaires – la première avant 2020 et la suivante trois ou quatre ans plus tard », a déclaré M. Wozniak lors d’une conférence organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Bruxelles, jeudi le 5 février.

Il s’agit du premier signe tangible des effets de l’adoption en décembre (EurActiv.fr 15/12/2009) des règles européennes renforcées sur les émissions de CO2. Celles-ci obligent la Pologne à repenser son bouquet énergétique en faveur de sources moins polluantes. 

Varsovie s’est fait remarquer l’année dernière pour sa résistance au projet de l’UE de diminuer les émissions européennes de dioxyde de carbone de 20% d’ici 2020. Cet objectif a cependant finalement été approuvé. Dans la mesure où la Pologne dépend du charbon pour 95 % de son électricité, la pression se fait plus forte pour que Varsovie développe des sources d’énergie faibles en carbone. 

« L’une des conséquences du paquet européen sur l’énergie et le climat est que nous devons modifier notre bouquet de sources énergétiques, et que l’une d’elles est le nucléaire », a confié M. Wozniak à EurActiv.com en marge de la conférence. 

« Nous sommes restés en dehors du nucléaire pendant de nombreuses années. Nous avons tenté un mouvement en ce sens dans les années 1980, mais ensuite, l’accident nucléaire de Tchernobyl s’est produit et nous avons quitté le programme. Maintenant, nous y revenons », a déclaré M. Wozniak. 

Le gouvernement polonais a esquissé un plan d’action national pour la sécurité énergétique en janvier. Le changement en faveur du nucléaire en est l’une des parties essentielles. Les autres éléments clés comprennent la construction d’un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le port de Swinoujscie, en mer Baltique, ainsi que l’augmentation de ses capacités de stockage du gaz et ses interconnections. Ces projets seront partiellement financés par l’UE. 

M. Wozniak s’est toutefois refusé à tout commentaire sur la question du choix d’une technologie pour les réacteurs nucléaires. Il a précisé que la décision n’était pas encore prise, qu’ils avaient un spectre très large de possibilités et étaient en train de les évaluer. 

Le leader de ce projet, le groupe polonais d’énergie PGE, cherchera des partenaires financiers et techniques. « Le programme complet, indiquant le lieu et les partenaires, sera publié en juin ou juillet », a ajouté M. Wozniak. 

Les deux nouvelles centrales doivent réduire la dépendance du pays au charbon. Selon M. Wozniak, celles-ci couvriront environ 20 à 25 % de la demande actuelle d’électricité.

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