Ex-directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’Institut français du pétrole, Claude Mandil propose des idées alternatives en matière d’énergie dans l’Union européenne en lien direct avec la sécurité d’approvisionnement.

Le rapport anticipe les discussions prévues lors du Conseil des ministres de l’énergie, le 6 juin 2008, sur le troisième paquet énergie-climat.

Dans son rapport, M. Mandil tente de replacer la sécurité d’approvisionnement au cœur de la stratégie européenne.

Pour lui, la sécurité énergétique appelle avant tout des réponses internes à l’Union européenne fondées sur la solidarité.

L’Union doit fournir un effort considérable en matière d’économies d’énergie, élément central encore trop négligé, mais néanmoins inclus dans le troisième paquet climat-énergie, sous la forme d’une obligation de 20% d’efficacité énergétique d’ici 2020.

D’autre part, afin d’éviter des crises d’approvisionnement comme en Grande-Bretagne en 2005, où le pays avait connu des coupures massives de courant, ou des situations de crise potentielles, comme dans les pays baltes, qui dépendent à 100% du gaz russe, Claude Mandil préconise « une mesure forte », en l’occurrence la création de dispositifs européens d’urgence.
Sans plus de précisions sur le type de dispositif requis, il cite comme exemple la réquisition de réseaux d’approvisionnement inutilisés par des compagnies privées et évoque une nouvelle compétence pour les régulateurs, celle d’assurer la sécurité d'approvisionnement énergétique.

« Seule une réelle politique énergétique à une tête et non 27 peut régler à plus long terme les problèmes d’insécurité d’approvisionnement », explique l’ex-directeur de l’AIE.

Le rapport se focalise sur la coordination nécessaire entre les Etats membres au travers de politiques d’investissement en infrastructures énergétiques. Celles-ci permettent l’interconnexion électrique et gazière, l’implantation de terminaux de gaz naturel liquéfié et la mise en place de capacités de production électrique non carbonée, pour réduire la dépendance de l’UE au gaz importé.

M. Mandil affirme que la sécurité énergétique européenne sera ainsi renforcée par la mise en place d’une solidarité énergétique entre les Etats membres. Ces réponses internes à l’Union européenne rendront plus faciles les relations énergétiques avec les pays fournisseurs, comme la Russie et les pays de la région Caspienne. Mais ces réponses, ajoute le rapporteur, devront se déployer dans une transparence plus grande. Aujourd'hui insuffisante, celle-ci perturberait sévèrement les marchés de l’énergie, ajoute-t-il.

L’avenir du rapport est désormais entre les mains du gouvernement français, qui a promis de l'étudier dans les prochains jours.