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Les transports représentant 27% des émissions de gaz à effet de serre dans l’UE, la réduction des émissions de CO2 par les voitures constitue l’un des élements clé de la lutte de l’Union européenne contre le changement climatique. 

La Commission souhaite abaisser le taux d’émissions de CO2 par les véhicules de 160 grammes par kilomètre à 120 grammes. Pour atteindre cet objectif, les constructeurs devront réduire la consommation des voitures produites à 130 grammes, les dix grammes restants devant être éliminés par l’amélioration des pneumatiques et des systèmes de climatisation, ou l’utilisation de carburants moins polluants.

Cette idée provoque des tensions au sein même de la Commission. Le commissaire chargé de l’Environnement, Stavros Dimas, est en désaccord avec son homologue de l’Industrie, l’Allemand Günter Verheugen, qui se fait le défenseur de l’industrie automobile de son pays. Une réunion préparatoire a été annulée.

Deux approches de calcul

Le débat qui secoue la Commission oppose deux visions de l’automobile. D’un côté, les pays producteurs de petites voitures comme la France, l’Espagne et l’Italie. De l’autre, ceux qui privilégient les grosses cylindrées : Royaume-Uni, Allemagne et Suède. Les deux groupes de pays ne sont pas d’accord sur la façon de répartir les efforts pour arriver au taux moyen de 120 grammes.

L’écart entre ces deux clans en termes d’émissions de CO2 est assez conséquent. Selon une étude de l’ONG “Transport et Environnement”, les constructeurs français et italiens (PSA, Renault, Fiat) émettaient 144g de CO2 en moyenne en 2006 contre 173g pour les Allemands (BMW, Volkswagen, DaimlerChrysler).

Deux modes de calcul s’affrontent : la première méthode consisterait à prendre en compte le poids de la voiture, l’autre viserait à mesurer d’autres paramètres techniques. La Commission privilégie la première solution, ce qui est du goût des constructeurs allemands.

Positions

Selon Sigrid de Vries, directrice de la communication de l’Association des constructeurs européens, “le poids est la méthode la plus simple à mettre en œuvre”.

Une vision que ne partage pas la Fédération européenne pour le transport et l’environnement. “C’est parce que les constructeurs ont échoué à abaisser le poids des modèles que la consommation de carburant ne diminue pas”, a déclaré Jos Dings, directeur de l’organisation.

La volonté de parvenir à un maximum de 120 grammes d’émissions de CO2 par les véhicules nécessite également de définir l’objectif de réduction de chaque catégorie en fonction de son poids. Or, aucun compromis n’a été trouvé pour le moment sur la courbe qui déterminera l’objectif d’émissions de CO2.

Quelles sanctions ?

Le débat porte aussi sur les sanctions auxquelles seront soumis les constructeurs qui n’auront pas atteint ces objectifs en 2012.  

Si les constructeurs ne respectent pas la valeur limite, ils devront payer une sorte de dédommagement. Sinon, le système ne serait pas très crédible”, a prévenu le président de la Commission, José Manuel Barroso.

Selon certaines rumeurs, le prix du gramme de CO2 supplémentaire pourrait être compris en 30 et 90 euros par véhicule. Mais la France serait aussi favorable à la mise en place d’un prix différencié selon le niveau d’émissions de CO2 et le nombre de véhicules vendus.