"Le vent tourne pour les régulateurs européens de l’énergie", a indiqué Lord John Mogg à EurActiv.cz. En cause, les négociations actuelles sur le troisième paquet énergie qui pourraient sensiblement modifier le rôle et les pouvoirs des régulateurs européens réunis au sein de la future agence pour la coopération des régulateurs dans le domaine de l’énergie (ACER).  

Contrairement aux organisations actuelles de régulation, qui représentent les autorités nationales de manière individuelle, l’ACER sera une « structure européenne physiquement indépendante » dotée d’un conseil des régulateurs responsables de prendre des décisions, a indiqué John Mogg.

Selon M. Mogg, compte tenu du manque d’interconnexions électriques, les pays de transit, en particulier, ne perçoivent pas les avantages « à rejoindre l’agence». "La crise gazière a toutefois montré que l’incertitude poussera les Etats membres à s’assurer que de meilleurs arrangements soient mis en place, et l’importance de disposer de meilleurs interconnexions et de davantage de solidarité", a-t-il indiqué. 

“L’agence va évoluer de cette manière, et non pas avec l’idée selon laquelle une agence peut imposer des règles contraignantes pour l’intégration du marché”, a conclu John Mogg, tout en ajoutant que les pouvoirs de l’agence se vérifieraient si l’intégration du marché se poursuivait effectivement.

Dans le même temps, 24 opérateurs européens de transport d’électricité ont crée une nouvelle entité européenne (ENTSO-E). Selon M. Mogg, la Commission européenne devra trouver un moyen de bien répartir les rôles entre l’ACER et le futur réseau d’opérateurs de transports.

La Commission doit utiliser toute l’expertise, les connaissances locales mais également les expériences de long terme de beaucoup d’opérateurs de transport, afin de veiller aux intérêts des consommateurs européens.

Il a en également insisté sur le fait que la mise en place de standards commun d’opérations seront cruciaux dans un marché européen toujours plus intégré. Il a notamment fait allusion à la panne d’électricité de décembre 2006. Celle-ci résultant, selon lui, de la disparité des standards des différents pays.

« Les codes qui seront développés dans les années à venir seront cruciaux pour le système », a-t-il indiqué, mettant en garde cependant sur le fait que des obstacles majeurs devront être résolus avant que l’UE ne parvienne à des standards communs.

Selon M. Mogg, la proposition de la présidence tchèque de l’UE d’introduire un tarif unique pour la transmission de l’électricité au sein de l’UE correspond « à l’ambition que doit avoir une présidence », a-t-il indiqué. Mais le débat le plus difficile au cours de son mandat à la tête des régulateurs européens à porté sur ce sujet, a-t-il prévenu. « Quand vous en venez à parler d’argent et de changements d’organisations majeurs, les problèmes sérieux commencent», a-t-il conclu.

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