Les règlements prévoient la suppression progressive de toutes les ampoules à incandescence et des lampes halogènes inefficaces d’ici à 2012 (EurActiv.com 09/12/08). D’ici là, les ménages pourront choisir entre des lampes fluorescentes compactes, qui utilisent jusqu’à 75 % d’énergie de moins que les ampoules traditionnelles, et les lampes halogènes efficaces, qui entrainent des économies d’énergie de 25 à 50%.
Selon la Commission, les deux mesures adoptées conformément à la directive européenne sur l’écoconception réduiront les factures énergétiques des Européens de 11 milliards d’euros chaque année, soit la consommation en électricité de la Belgique jusqu’à 2020. Ces mesures réduiront en outre les émissions de CO2 de 32 millions de tonnes, a indiqué l’exécutif européen.
Le processus d’adoption de ces mesures ne s’est pas fait sans encombre. L’impact potentiellement néfaste des lampes fluorescentes compactes sur les personnes souffrant d’épilepsie, de lupus, des migraines et d’autisme, a par exemple été mis en avant. L’éxecutif européen a également été accusé de remplacer un problème environnemental par un autre en autorisant le mercure dans certaines lampes hallogènes.
Bruxelles a toutefois indiqué qu’une commission scientifique s’était penchée sur les aspects sanitaires et avait conclu que les nouvelles lampes ne présentaient aucun danger pour la santé. Le porte-parole de la Commission pour l’Energie, Ferran Tarradellas Espuny, a indiqué que les préoccupations relatives au mercure étaient infondées, car les niveaux présents dans les ampoules étaient acceptables selon la législation de l’UE. En fait, les nouvelles réglementations réduiraient le taux de mercure en diminuant la demande énergétique des centrales au charbon, qui émettent du mercure lors du processus de fabrication.
POSITIONS:
Le commissaire à l’Energie, Andris Piebalgs, a déclaré que ces « mesures innovantes » confirmeraient l’engagement de l’UE à atteindre ses objectifs d’efficacité énergétique et de protection climatique. « En remplaçant les lampes du siècle dernier par des technologies plus performantes, les ménages, les bâtiments et les rues en Europe conserveront la même qualité d'éclairage tout en économisant de l'énergie et de l'argent, et en émettant moins de CO2 », a-t-il expliqué.
L’eurodéputé allemand Peter Liese (PPE-DE) a indiqué que « l’importante consommation énergétique dans l’ensemble des Etats membres causait des problèmes catastrophiques dont la résolution incombe également aux écocitoyens. Le changement climatique ne peut être stoppé que si nous progressons rapidement dans le domaine de l’efficacité énergétique », a-t-il souligné.
L’eurodéputé britannique John Bowis (conservateur) a déclaré qu’il n’y avait pas de doute sur le fait que « les ampoules économiques sont respectueuses de l’environnement. » Il a salué la décision de la Commission de réduire l’utilisation des ampoules à incandescence tout en faisant remarquer toutefois que « la Commission, ainsi que le gouvernement britannique, doivent prendre garde à ne pas causer de nuisances lors du processus ».
Les ONG environnementales ont, quant à elles, salué l’interdiction, attendue de longue date, relative aux ampoules énérgivores (EurActiv.com 14/10/08).
Premier pas vers un éclairage intelligent
Certains représentants de l’industrie ont toutefois indiqué que les mesures ne constituaient rien de plus qu’une première étape vers un éclairage efficace en Europe. Des représentants d’Honeywell, producteur de systèmes d’éclairage, ont accusé les grands fabriquant des ampoules de polluer le travail des institutions de l’UE en monopolisant l’attention sur la défense de leurs intérêts.
« Ce n’est qu’un aspect de la question", ont indiqué les représentants d'Honeywell, "d’importantes économies peuvent être réalisées simplement en éteignant les lumières lorsque l’on n’en a pas besoin." "Quelle que soit l’efficacité du système, si les lumières restent allumées alors que ce n’est pas nécessaire, il y a gaspillage", ont-ils ajouté.
Selon Honeywell, l’ultime étape en matière d’économie d'énergie sera d’installer des capteurs sur les plafonds afin d’activer l’éclairage lorsqu’une personne entre dans une pièce. Et de l'éteindre automatiquement lorsque la personne en sortira.
Ce type de système intelligent peut être installé dans de nombreux environnements, des bureaux aux usines, mais ils sont trop coûteux pour pouvoir être envisagés pour les bâtiments résidentiels.
Citant différentes études, Honeywell estime que les capteurs pourraient permettre 30 % d’économie d’énergie dans les bâtiments non-résidentiels, où l’éclairage représente 26 % du total de l’énergie consommée. Une économie d’énergie annuelle de 4,2 milliards d’euros, selon l’entreprise, laquelle souhaite attirer l’attention de l’UE sur cet aspect de l’efficacité énergétique souvent passé sous silence.
Selon Honeywell, l’investissement dans un tel système d’éclairage porterait ses fruits en un an environ, le rendant financièrement rentable.




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