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Réunis à Chypre, les 37 ministres de l’énergie (UE, Afrique du Nord et Moyen Orient) et le Commissaire européen en charge de l’Energie, Andris Pielbags, ont fixé plusieurs objectifs en vue d’établir un marché commun de l’énergie euro-méditerranéen. Ils se sont ainsi engagés à harmoniser progressivement leur politique et leur législation en matière énergétique, et à développer les interconnexions entre les réseaux du gaz et de l’électricité.

En outre, la déclaration commune fait mention d’une éventuelle intégration, sur le long terme, d’autres Etats, tels que la Libye ou des pays sub-sahariens, dans cette coopération.

Les ministres prévoient de travailler ensemble pour diversifier leurs sources d’énergie, notamment par le développement de sources d’énergie à faible teneur en carbone et d’énergies renouvelables. Ils souhaitent également contribuer au déploiement des technologies à efficacité énergétique.

Le dialogue entre l’UE et les pays méditerranéens sur les questions énergétiques a commencé dès 1985 avec le processus de Barcelone, qui vise à mettre en place une zone de libre-échange d’ici 2010. Cependant, les progrès ont été longs à venir du fait des faibles ambitions de l’UE et du manque de volonté de ses partenaires du Sud, notamment la Palestine et Israël, à coopérer l’un avec l’autre.

Néanmoins, dans un contexte d’inquiétudes grandissantes concernant la sécurité de l’approvisionnement en énergie et l’échec perpétuel des discussions avec la Russie sur un nouvel Accord de coopération et de partenariat, qui formaliserait les relations souvent tendues entre les deux parties, l’UE compte développer des liens plus étroits avec d’autres pays voisins, riches en énergie (Lire EurActiv 29/11/06). 
L’Union importe déjà près de 15 % de son pétrole et de son gaz de l’Afrique, et ce pourcentage pourrait bien augmenter considérablement, l’Europe ayant annoncé des investissements dans les infrastructures, comme dans les gazoducs sous-marins en Espagne et en Italie.

Dans le plan d’action, l’UE a en effet déclaré qu’elle investirait plus de 3,2 milliards d’euros dans des projets d’infrastructure d’intérêt commun pendant les quatre prochaines années, notamment dans l’installation d’un gazoduc Maghreb-Europe et d’un gazoduc transsaharien qui permettrait à l’Europe d’importer du pétrole nigérien par l’Algérie. Etablir des interconnexions électriques entre l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Turquie et leurs voisins européens que sont l’Espagne, l’Italie et la Grèce, sera également une question prioritaire.

Plus tôt dans l’année, le président français Nicolas Sarkozy avait proposé de renforcer le partenariat euro-méditerranéen en créant une « Union méditerranéenne », qui inclurait également la Turquie (Lire EurActiv 16/07/07). Il devrait tenter de mener à bien son projet une fois que son pays aura repris la présidence européenne en juillet 2008, mais il a été fortement critiqué par Ankara, qui considère l’initiative comme un essai destiné à revenir sur la proposition d’adhésion à part entière de la Turquie à l’UE.

Toute la question est de savoir comment ce nouvel accord s’articulera avec le projet du président français.