Le directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP) et professeur à l’université Paris-Dauphine, Jean-Marie Chevalier, livre à EurActiv.fr sa vision des évolutions à venir sur le marché de l’énergie.

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Commission européenne
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activités de l'UE en matière d'énergie
Selon vous, une régulation européenne de l’électricité est-elle envisageable?
Nous sommes 27 Etats membres, et il faut plus de coordination, de coopération, de standardisation, plus d’harmonisation. Derrière, il y a l’idée d’avoir un régulateur européen. Pour l’instant, le paquet énergie propose que ce soit le rôle de l’ACER (Agence de coopération des régulateurs de l’énergie), une agence de régulation européenne mais qui n’aurait à traiter que les problèmes frontaliers. Par la suite, petit à petit, je crois que l’on va vers un régulateur européen. C’est une évolution très souhaitable.
Par ailleurs, je plaide pour une entreprise européenne de transport d’électricité et une entreprise européenne de transport de gaz. Ca mettra plus longtemps pour le gaz que pour l’électricité, mais ça me paraît s’imposer à terme.
Est-ce que les secteurs de l’électricité et du gaz sont prêts pour ces changements?
Ils sont prêts, mais ils vont refuser ces évolutions pendant un certain temps. Le refus sera plus net dans le secteur du gaz que dans l’électricité. Le secteur de l’électricité dispose vraiment d’un marché européen interconnecté, et il y a besoin de rationnalisation. Dans le secteur du gaz, la situation est plus compliquée. Chaque entreprise tient son bout de tuyau. De plus, les acteurs de ce marché brandissent l’argument de sécurité des approvisionnements.
Le paquet aura-t-il un impact sur d’autres secteurs de ce marché énergétique?
Ceux qui sont concernés s’occupent essentiellement de tout ce qui est technologie de la demande, efficacité énergétique, contrôle et mesures, raccordement des éoliennes,… Il y a beaucoup d’opportunités commerciales qui sont derrière les évolutions à venir.
Certaines industries sont très conscientes de cette situation, d’autres pas du tout. Ce qui est sûr, c’est que la situation sera plus facile pour les entreprises qui sont en aval, que pour les entreprises de l’amont, qui n’ont pas l’habitude de changer leurs habitudes et de passer à une culture de la demande. A l’avenir, il faudra s’adapter à un univers de volatilité. C’est très important.
Par exemple, pour des entreprises comme Veolia, qui est placé très en aval dans ce secteur avec des combinaisons de cogénération, de l’éolien et des traitements des déchets, cela va être une voie très intéressante et très prometteuse.




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