La Bulgarie ouvre ses portes à South Stream

  

 

La Bulgarie et la Russie ont décidé de prendre une décision sur les investissements dans le gazoduc South Stream en novembre prochain. La Russie est en train de mettre les bouchées doubles dans la construction de ce gazoduc qui acheminera du gaz russe via la mer Noire vers la Bulgarie et d'autres pays occidentaux.

La décision finale sur les investissements pour la construction du gazoduc South Stream sera prise d'ici le 15 novembre. Cette annonce a fait suite à une réunion à Moscou entre le nouveau ministre bulgare de l'énergie et de l'économie, Delian Dobrev, et le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, le 30 mars dernier.

M. Dobrev a obtenu une réduction de 11 % sur le prix que son pays paye pour le gaz russe à partir du 1er avril, et ce pour une période de neuf mois qui prendra fin en décembre 2012.

La Bulgarie dépend de la Russie pour 89 % de son pétrole, 100 % de son gaz naturel et 100 % de l'énergie nucléaire nécessaire à la centrale électrique de Kozloduy dont deux réacteurs sont en activité.

Concernant la ristourne obtenue par Sofia, le premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a déclaré que la seule condition avait été des « relations honnêtes et ouvertes » entre les deux parties et que la Bulgarie soit prête à coopérer avec la Russie dans le cadre du projet South Stream.

« Vous construisez des tuyaux, vous les enterrez, vous prélevez des taxes [de transit] pendant des années et ce sont des revenus pour des décennies. C'est ce que j'appelle une collaboration totale dans ce projet », a-t-il expliqué à la radio nationale Darik.

Contourner les règles de l'UE

Certains affirment toutefois que la Bulgarie serait en train d'aider la Russie à contourner le droit européen en accélérant la conclusion d'un accord russo-bulgare sur South Stream avant le 3 mars 2013, date à laquelle le troisième paquet Energie entrera en vigueur pour les pays tiers à l'UE comme la Russie. Cet accord permettrait à la Russie de ne pas ouvrir son gazoduc South Stream à d'autres opérateurs.

M. Borissov a expliqué que comme l'Allemagne avait pu lancer le gazoduc Nord Stream, l'un des autres projets favoris de Gazprom, la Bulgarie ne devait pas être traitée différemment.

« Lorsque l'Allemagne installe des tuyaux, achemine du gaz et fait fonctionner son économie, tout va bien. Lorsque la Bulgarie veut jouir des mêmes conditions, c'est mal, c'est ça que vous voulez dire ? » a-t-il rétorqué à un journaliste.

M. Borissov a affirmé qu'il avait discuté avec « tous les dirigeants européens », y compris le président de la Commission, José Manuel Barroso, et le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, et que personne ne lui avait dit « un seul mot contre South Stream ».

Ces accords sur South Stream font l'objet de nombreuses critiques, surtout de la part de la « Coalition bleue » de centre-droit, une alliance de petits partis représentant les anciennes forces anti-communistes.

Martin Dimitrov, le coprésident de la Coalition bleue, a déclaré que les conditions de l'accord avec la Russie n'étaient pas claires. Il a notamment soulevé la question de la propriété du gazoduc, ainsi que de sa position au sein du réseau bulgare existant. Ce réseau appartient à l'Etat bulgare, mais certains craignent que le pays n'en soit plus propriétaire s'il devait faire partie du projet South Stream.

M. Dimitrov a également affirmé que personne ne savait vraiment si les taxes de transit du gaz pour South Stream seraient ajoutées aux taxes que le pays perçoit déjà ou si elles s'y substitueraient.

Réactions: 

 

La Commission européenne peut accorder des dérogations au droit européen à South Stream, mais South Stream doit en faire la demande, a déclaré aujourd'hui (2 avril) Marlene Holzner, la porte-parole du commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger. Elle a insisté sur le fait qu'aucune demande n'avait été formulée.

 

Mme Holzner a affirmé qu'elle ne comprenait pas pourquoi la date du 3 mars avait été mentionnée. Le troisième paquet Energie est en vigueur depuis plus d'un an et tout nouveau gazoduc doit respecter ces règles.

 

Conformément à ces règles, des dérogations ont été accordées pour deux tronçons du gazoduc Nord Stream, mais elles ne l'ont été qu'une fois que la Commission avait consulté les plans.

 

Elle a ajouté que des dérogations n'étaient accordées que s'il était certain que le projet était économiquement viable et que ces exceptions étaient limitées dans le temps.

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