Le corridor Sud pour le gaz prend forme

  

Le corridor Sud pour le gaz prend forme avec une section allant jusqu'à l'Italie via le gazoduc transadriatique (TAP) et une autre appelée « l'itinéraire Nord » qui devrait être construite par le consortium de Nabucco ou le SEEP (South East Europe Pipeline project) qui jouit du soutien du consortium pour le gaz azéri. C'est ce qu'a expliqué le directeur du TAP à EurActiv.

Le directeur du TAP, Kjetil Tungland, a réfuté les récentes déclarations d'un concurrent qui affirmait que la décision de l'Azerbaïdjan de choisir le TAP pour bâtir la section Grèce-Italie dans le corridor Sud pour le gaz n'était pas définitive.

« Voici ce que je peux vous confirmer : j’ai reçu une lettre de SOCAR », a déclaré M. Tungland, faisant référence à l'entreprise gazière publique azerbaïdjanaise.

« Dans cette lettre, le TAP est invité à des « négociations exclusives » avec Shah Deniz. Cette lettre indique également que la décision du consortium de Shah Deniz a été soutenue à l'unanimité par tous ses membres et qu'elle est définitive. Les trois mots « exclusives », « unanimité » et « définitive » sont utilisés dans cette lettre et il est clair que leur décision n'a rien de temporaire », a affirmé M. Tungland.

Il a été catégorique : le TAP n'a pas besoin de l'Interconnecteur Turquie-Grèce-Italie (ITGI) comme partenaire. Shah Deniz est un important gisement de gaz dans la mer Caspienne géré par SOCAR et des partenaires internationaux.

« Nous ne voyons pas pourquoi nous irions à l'encontre de la décision de Shah Deniz en nous unissant à l'ITGI qui nous ferait sans doute reculer », a-t-il souligné.

Interrogé à propos de la section nord du corridor Sud pour le gaz, qui mène au terminal gazier de Baumgarten en Autriche, il a déclaré qu'une décision était attendue pour l'été. Le consortium de Nabucco et un projet moins connu, le SEEP, sont également en compétition pour l'itinéraire sud.

« S'agissant de l'itinéraire d'exportation vers l'Italie, le TAP est invité à des négociations exclusives. Pour l'itinéraire nord, Shah Deniz hésite encore entre le nouveau concept de Nabucco, Nabucco Ouest, et leur propre projet, le SEEP », a-t-il expliqué.

La presse spécialisée a récemment rapporté que suite à ce changement de concept, le projet de Nabucco serait réduit à un gazoduc reliant la frontière turco-bulgare à Baumgarten. Selon Dow Jones Newswires, Nabucco Ouest disposerait d'environ la moitié de la capacité initiale de Nabucco, à savoir 31 milliards de mètres cubes.

Peu d'informations sont fournies sur le SEEP. A savoir si British Petroleum était derrière ce projet, M. Tungland a déclaré que selon ses informations, le consortium Shah Deniz dans son ensemble était concerné. EurActiv lui a demandé si cela signifiait que le SEEP était le projet favori. « Je n'en ai pas l'impression. Le consortium de Shah Deniz a affirmé qu'il évaluerait les deux projets (SEEP et Nabucco Ouest) et qu'il rendrait sa décision cet été, en juin je pense », a-t-il répondu.

Il a poursuivi en expliquant que la prochaine étape serait l'évaluation des acheteurs et la sélection finale de l'itinéraire et du groupe d'acheteurs. Cela devrait avoir lieu en amont de leur décision finale sur l'investissement qui est prévue pour juin 2013, a expliqué M. Tungland.

Quand il lui a été demandé si la décision de la Russie de construire South Stream, le projet de Gazprom, au maximum de sa capacité affecterait le corridor Sud pour le gaz, il a répondu que cela n'aurait aucun impact.

« Tant que Shah Deniz souhaitera garantir l'approvisionnement en gaz de l'Italie via le gazoduc TAP, le projet South Stream restera inutile en ce qui concerne le TAP et Shah Deniz », a-t-il affirmé.

M. Tungland a refusé de commenter l'annonce faite par Gazprom hier (28 février). L'entreprise qui détient le monopole sur le gaz en Russie a en effet affirmé être intéressée par la privatisation de DEPA, l'entreprise gazière grecque.

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