L'UE accorde un sursis aux ampoules énergivores

  

La Commission européenne a proposé de différer de deux ans la suppression progressive des lampes énergivores. Une solution fortement critiquée par le Danemark, qui dénonce la pression des lobbies.  

L'UE a proposé de reporter de deux ans la dernière et sixième étape d'un règlement européen visant à réduire l'utilisation d'ampoules énergivores. Les exigences relatives à l'écoconception des lampes « non dirigées » seront dès lors d'application en 2018. Pour appartenir à cette catégorie, ces lampes doivent émettre au moins 80 % du flux lumineux dans un angle de 120°, comme les chandeliers et les lampadaires, par exemple.

L'Agence danoise de l'énergie (DEA) a réagi à cette décision en publiant un rapport qui indique : « Nous ne pouvons pas soutenir le report de la sixième étape étant donné qu'elle réduirait de manière significative l'efficacité de la directive sur l'écoconception, ce qui aurait un impact négatif sur les entreprises en Europe qui ont investi et intégré la sixième étape dans leur stratégie commerciale et susciterait des incertitudes concernant les autres règlements existants et futurs. »

Les experts danois ont également ajouté que faire marche-arrière sur une législation européenne pour répondre aux attentes des groupes de pression serait un précédent dans l'histoire européenne.

En novembre dernier, la Commission a déclaré que la technologie LED n'était pas suffisamment avancée pour remplacer aussi rapidement les lampes halogènes non dirigées. L'étude de l'agence danoise révèle toutefois que des ampoules LED compatibles sont déjà sur le marché en vue de remplacer presque toutes les lampes halogènes et des dispositifs comparables.

Des variateurs du flux lumineux sont également déjà disponibles dans 76 % des cas des lampes LED de remplacement. D'ici 2016, 19 % des produits d’éclairage comprenant des flux lumineux plus intenses et des restrictions au niveau de la taille seront également concernés par ce projet de loi. La DEA n'a pas analysé les 5 % du parc luminaire restant.  

Si la date butoir de 2016 est maintenue, cela permettra d'économiser en plus 97,2 térawatts par heure (TW/h) jusqu'en 2025, selon les données de Collaborative Labeling and Appliance Standards program (CLASP), une ONG américaine visant à améliorer les performances énergétiques des appareils électriques du quotidien.  

Cette économie d'énergie est deux fois plus importante que les 43,2 TW/h estimés dans le document de travail de la Commission qui prévoit un report de deux ans de la suppression des ampoules à incandescence. Selon CLASP, cela équivaudrait à 34 millions de tonnes de CO2 et à un coût de 22,9 milliards d'euros. Il se peut que la question soit soulevée lors d'une réunion de consultation aujourd'hui (12 mars) qui aura pour thème une communication sur la stratégie relative à l'éclairage consultée par EurActiv. D'après ce document, l'UE s'engage à « poursuivre la transition du marché vers des solutions d'éclairage plus efficaces », comme les LED, même si elle fait marche-arrière dans le calendrier relatif à sa mise en œuvre.

« Après la [publication de] l'étude danoise, la position de la Commission quant au report semble de moins en moins pertinente », a expliqué à EurActiv Stamatis Sivitos de coalition d'ONG Coolproducts. « Le marché est prêt dans son ensemble, donc pourquoi attendre ? Laisser tomber des objectifs convenus il y a des années fera capoter les projets d'économie d'énergie au cours des prochaines années et enverra un mauvais signal aux fabricants innovants qui souhaitent avancer », a-t-il conclu. /

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Commentaires

Portrait de Henna Malvigue

Semble un peu pseudo technique parce que le journaliste ne comprend rien de consommation électrique . cf:
Si la date butoir de 2016 est maintenue, cela permettra d'économiser en plus 97,2 térawatts par heure (TW/h) jusqu'en 2025,

L'unité correcte est TWh terawattheures