Les centrales nucléaires européennes face à un test 9/11

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Les 143 centrales nucléaires qui fonctionnent en Europe ainsi que les six en construction et les 15 en projet, devraient pouvoir résister à toutes les menaces possibles, y compris au crash d'un avion comme lors des attaques terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis, a annoncé la Commission européenne.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso s'attend à ce qu'une décision soit prise sur l'ampleur des tests de résistance suite au feu vert donné par les dirigeants de l'UE lors de leur dernier sommet (voir « Background »), a annoncé l'exécutif de l'UE aujourd'hui (11 mai).

Les participants à la réunion du Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG) qui aura lieu demain (12 mai) à Bruxelles devraient parvenir à un compromis sur la méthodologie des tests.

La porte-parole de la Commission, Marlene Holzner, a déclaré que M. Barroso s'attendait à ce que la décision qui émane de la réunion rende les tests de résistance le plus strict possible.

Elle a toutefois admis qu’en l'absence d'un consensus, les efforts seraient poursuivis dans la mesure où aucune date butoir n'a été définie.

Ces tests de résistances comprendraient des attaques terroristes, des catastrophes dues à l’Homme, comme une manipulation malveillante de la part d'un opérateur, entre autres, a-t-elle précisé.

« Si une centrale nucléaire était construite pour supporter [un tremblement de terre] d'une magnitude de six [sur l'échelle de Richter], elle doit à présent prouver qu'elle peut résister à une magnitude plus élevée. Il en est de même pour les inondations et les autres catastrophes naturelles », peut-on lire dans un document diffusé aujourd'hui par les services du commissaire européen à l'énergie, Günther Öttinger.

Mme Holzner a prévenu que l'UE n'avait pas l'autorité nécessaire pour ordonner la fermeture d'une centrale nucléaire en cas d'échec aux tests. Toutefois, « les opérateurs suivent généralement nos conseils », a-t-elle expliqué.

Les gouvernements nationaux devront donc assumer leurs responsabilités s'agissant d'expliquer à la population qu'une centrale qui n'est pas sûre reste ouverte.

La Commission avait plus de pouvoir sur les centrales nucléaires en construction, a déclaré Mme Holzner. Sans son feu vert, aucune centrale en construction ne pouvait recevoir de financement de la part d'une banque, a-t-elle affirmé.

Elle a cité l'exemple de deux réacteurs supplémentaires en construction sur la centrale de Mochovce en Slovaquie qui n'ont pas reçu la bénédiction de la Commission.

Cependant, en ce qui concerne les installations plus anciennes, le pouvoir de la Commission semble limité.

A la question de savoir ce qu'il arriverait si un grand Etat membre comme la France faisait pression pour que les tests soient moins stricts, elle a été claire : « Si le but n'est pas de fermer des installations nucléaires, il ne devrait pas y avoir de tests du tout ».

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