Les Etats-Unis rassurent la Bulgarie sur le gaz de schiste

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La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a plaidé en faveur du développement du gaz de schiste en Bulgarie lors de sa dernière visite, plus de deux semaines après la décision du parlement bulgare d’appliquer un moratoire sur un secteur qui est le fer de lance du géant américain Chevron.

Une tempête de neige a retardé l'arrivée de Mme Clinton à Sofia ce dimanche (5 février), alors que l'approvisionnement en gaz russe revenait doucement à la normale après avoir diminué d'un tiers en raison des conditions météorologiques extrêmes. Le froid a entraîné la mort de plusieurs personnes en Bulgarie ces derniers jours, y compris huit personnes qui se sont noyées suite à la rupture d'un barrage lundi (6 février).

Aux côtés du premier ministre, Boyko Borissov, Mme Clinton s'est brièvement adressée à la presse bulgare, soulignant la nécessité que le pays devienne plus indépendant sur le plan énergétique.

La Bulgarie dépend de la Russie pour 89 % de son pétrole, 100 % de son gaz naturel et 100 % de l'énergie nucléaire nécessaire pour la centrale électrique de Kozloduy. Une autre centrale dotée de la technologie russe devrait être construite à Belene, mais le projet a été gelé en raison d'un litige sur les coûts.

L'environnement d'abord

En leur qualité d'alliés, la Bulgarie et les Etats-Unis travaillent ensemble à la diversification et à la sécurisation de l'approvisionnement en énergie, y compris dans le secteur du nucléaire, a affirmé Mme Clinton. « Nous sommes partenaires lorsqu'il s'agit d'aider la Bulgarie à accroître son indépendance énergétique, à renforcer la sécurité de l'approvisionnement et à protéger le magnifique environnement bulgare », a-t-elle déclaré.

M. Borissov a quant à lui souligné que l'environnement était une priorité pour son pays. Tout comme pour l'énergie nucléaire, les projets portant sur le gaz de schiste resteront gelés jusqu'à ce que le gouvernement puisse convaincre la société que ces techniques sont sûres, a expliqué M. Borissov.

Le 18 janvier dernier, le parlement bulgare a voté en masse en faveur d'un moratoire visant à suspendre les activités d'exploration pour le gaz de schiste. Cette décision a été prise suite à d'importantes manifestations déclenchées par l'annonce que Chevron avait remporté un appel à projets et reçu un permis pour explorer un gisement de gaz de schiste au nord-est de la Bulgarie.

Les réserves bulgares de gaz de schistes n'ont pas encore été officiellement évaluées, mais selon certaines estimations, elles pourraient combler les besoins énergétiques du pays pendant plusieurs siècles.

Mme Clinton n'a pas prononcé les termes « gaz de schiste » en public, mais l'ambassadeur américain James Warlick a expliqué que la Bulgarie payait son gaz quatre fois plus cher que les consommateurs américains. Ces dernières années, le gaz de schiste a changé la donne aux Etats-Unis dans le secteur de l'énergie. Le pays est passé du statut d'importateur de gaz à celui d'exportateur.

Les Américains ne font pas pression sur la Bulgarie pour qu'elle revienne sur son moratoire, mais Washington espère que la question sera abordée avec objectivité, a déclaré M. Warlick, cité par Dnevnik, le partenaire d'EurActiv en Bulgarie.

M. Warlick a ajouté que l'entreprise américaine Westinghouse serait intéressée par le projet de construction d'un septième réacteur nucléaire à la centrale de Kozloduy, pour peu que la Bulgarie envisage cette option.

Nombreux sont ceux qui pensent que la construction d'un réacteur supplémentaire à Kozloduy serait moins coûteuse que de construire une nouvelle centrale nucléaire à Belene avec toutes les infrastructures nécessaires.

Mme Clinton a annoncé que Richard Morningstar, l'envoyé spécial américain pour l'énergie eurasienne, se rendrait à Sofia la semaine prochaine pour discuter « de la manière dont nous pouvons être plus utiles pour protéger votre environnement et progresser sur vos objectifs de sécurité énergétique ».

Le directeur exécutif de Gazprom, Alexeï Miller, devrait également se rendre à Sofia cette semaine. Lors d'une récente réunion avec le premier ministre russe, Vladimir Poutine, M. Miller a reçu des instructions concernant la construction du gazoduc South Stream qui devra débuter en 2012. La Bulgarie est cruciale pour South Stream, dans la mesure où ce gazoduc devrait passer sous la mer Noire vers la Bulgarie, avec une branche allant jusqu'en Grèce et en Italie et une autre en Roumanie, en Serbie, en Hongrie, en Slovénie et en Autriche.

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