L'UE approuve les tests de résistance pour les centrales nucléaires

  

Les dirigeants européens se sont mis d'accord vendredi (25 mars) pour établir des « normes plus strictes » en termes de sécurité nucléaire et pour soumettre toutes les centrales à des tests de résistance suite à la crise nippone provoquée par la centrale de Fukushima. 

« En Europe, nous voulons les normes les plus strictes pour la sécurité nucléaire », a déclaré le président Herman Van Rompuy aux journalistes après le sommet de deux jours des dirigeants de l'UE.

La France, l'Allemagne et l'Espagne ont émit la possibilité de fermer tout réacteur qui ne passerait pas le test de résistance avec succès sur les 143 qui seront testés cette année. Les dirigeants européens ont également demandé lors du sommet que leurs voisins en dehors de l'Europe fassent de même.

« Nous souhaitons que les [tests de résistance] soient universels, universels en Europe, donc tous les sites nucléaires devraient être sujets à cette évaluation de leur sécurité », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

La France, qui espère tourner ce problème à son avantage dans la mesure où elle tente de vendre ses technologies nucléaires à l'étranger, a cherché à montrer l'exemple en affirmant qu'elle fermerait les réacteurs qui échoueraient aux tests.

« Tous les tests seront conduits en France, tous les résultats des tests seront publiés et, si les tests n'étaient pas concluants, nous en tirerions immédiatement les conséquences. Il y a une seule conséquence, c'est la fermeture », a déclaré le président Sarkozy aux journalistes après la réunion du sommet.

Pour la France, cela pourrait ajouter une certaines pression s'agissant de démontrer la sécurité de sa centrale la plus ancienne, Fessenheim, proche de la frontière allemande.

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, ont expliqué que des fermetures seraient possibles pour les centrales qui ne passeraient pas le contrôle avec succès si des mesures de sécurité supplémentaires ne pouvaient pas les remettre en état.

La Pologne, largement dépendante du charbon, pourrait bien organiser un référendum national sur le projet du gouvernement de centre-droit de construire une centrale nucléaire dans le pays, a déclaré le premier ministre, Donald Tusk, le 23 mars.

Virage à 180 degrés ?                                                    

Le secteur nucléaire en Europe, qui jouissait jusqu'à présent de la perspective d'une renaissance, s'est rapidement retrouvé dans la balance alors que la crise au Japon continue d'évoluer suite au tremblement de terre et au tsunami du 11 mars.

Les gouvernements européens ont réagi promptement à la situation au Japon. L'Allemagne a suspendu l'activité de sept centrales nucléaires vieillissantes; l'Italie a annoncé une pause d'un an sur ses projets de relance du nucléaire; l'Autriche demande que le nucléaire soit progressivement abandonné en Europe; et la Bulgarie a augmenté ses restrictions sur le projet nucléaire de Belene proche d'une zone sismique.

La France, grand exportateur de technologies nucléaires, a étonnamment trouvé un terrain d'entente avec l'Allemagne en adaptant ses ventes au nouveau paysage politique. Elle a commencé à vanter les aspects sûrs de sa nouvelle génération de réacteurs alors qu'elle tente d'attirer la clientèle sur les marchés internationaux.

Le commissaire européen à l'énergie, Günther Öttinger, va à présent travailler sur les détails pratiques de ces tests de résistance afin qu'ils puissent être mis en œuvre dans les 13 Etats membres qui possèdent l'énergie nucléaire.

Ces tests n'ont pas de base juridique et sont donc facultatifs, mais l'énergie nucléaire est tellement controversée en Europe qu'il serait difficile pour un gouvernement de les éviter. Les résultats seront d'ailleurs rendus publics.

Les dirigeants européens ont également demandé une promulgation rapide des projets existants pour l'enfouissement des déchets nucléaires dans le sol, afin d'éviter l'accumulation de barres de combustible usées, ce qui a contribué à la crise au Japon.

Les opposants au nucléaire restent critiques

« L'énergie nucléaire ne sera jamais sûre », a expliqué Rebecca Harms des Verts allemands. « Les tests de résistance pour le nucléaire à l'échelle de l'UE sont un peu plus qu'une stratégie pour laisser souffler le secteur du nucléaire ».

 (EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv)

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