Réseaux intelligents : une question de connexion

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Le projet européen de transition vers une économie à faibles émissions de carbone dépendra de la transformation du système de transmission transfrontalier pour y intégrer, entre autres, les énergies renouvelables et les compteurs intelligents, qui permettront de réduire la consommation d’énergie. L’Europe est-elle sur la bonne voie pour relever le défi ?

 

Onglets horizontaux

Vue d'ensemble

La transmission d'électricité en Europe dépend d'un système de réseau en grande partie établi lors de la période suivant la Seconde Guerre mondiale. Les réseaux d'électricité du XXe siècle ont été construits au niveau local, avant d'être développés et par la suite reliés.

Les plus grands et le plus élaborés de ces réseaux répartissaient et distribuaient l'électricité depuis un nombre limité de centrales électriques, principalement alimentées au charbon, au pétrole et au gaz. Avec les nouvelles préoccupations environnementales, il est devenu évident que ce système n'était plus adapté au XXIe siècle. 

Aujourd'hui, les systèmes de réseaux de transmission et les distributeurs doivent prendre en compte un éventail complexe de questions liées à la demande et à l'approvisionnement, telles que l'impact des carburants fossiles sur l'environnement, les défis de la transition vers des sources d'électricité plus propres mais plus « aléatoires » comme l'énergie solaire ou éolienne, la sécurité de l'approvisionnement en termes de besoins diversifiés et de protection contre des cyber-attaques et les « compteurs intelligents », qui peuvent contrôler l'électricité consommée au point de consommation et pourraient un jour permettre aux consommateurs de produire leur propre électricité. 

Selon la feuille de route de l'UE sur l'énergie pour 2050, les investissements cumulés en faveur des réseaux réalisés entre 2011 et 2050 seront compris entre 1,5 et 2,2 mille milliards d'euros en fonction du soutien apporté aux énergies renouvelables.

Toutefois, tous les scénarios de l'UE prévoient que la part d'électricité dans la demande énergétique double presque, passant de 22 % à 36-39 %. Pour atteindre les objectifs européens de 2020, la Commission estime dans sa proposition pour un réseau énergétique européen intégré à 140 milliards d'euros l'investissement nécessaire pour les réseaux électriques d'ici la fin de la décennie.

Une partie de cet investissement sera consacrée à la rénovation des lignes de transmission et des réseaux de distribution actuels. Mais au-delà des préoccupations environnementales, l'objectif des réseaux intelligents est de rassembler, de distribuer et d'analyser les informations numériques récoltées en fonction du comportement des fournisseurs et des consommateurs afin d'augmenter l'efficacité et la fiabilité des services liés à l'électricité et d'en contrôler le prix.

Les compteurs intelligents jouent un rôle clé dans ce projet, dans la mesure où ils permettent aux consommateurs de réduire leur consommation d'énergie, leurs factures, leurs émissions de carbone et d'alléger la pression sur les réseaux électriques aux heures de pointe.

Cependant, à peine 10% des foyers européens utilisent un compteur intelligent, malgré la modification de la directive sur l'électricité dans le troisième paquet pour l'énergie de 2009. Cette mise à jour prévoyait que 80 % des foyers européens utilisent ces compteurs d'ici 2020. 

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