L’UE devrait se concentrer sur la réduction des émissions de CO2 plutôt que sur les énergies renouvelables

  

 

L’Europe devrait se concentrer sur la réduction des émissions de carbone plutôt que de simplement renouveler des objectifs pour l’environnement qui expireront en 2020. C’est ce qu’a conseillé le ministre britannique de l’énergie et du climat, Edward Davey, lors d’un sommet mondial sur l’énergie et l’environnement.

« Nous devrions nous concentrer sur des objectifs de résultats », a affirmé M. Davey ce lundi (14 mai). « Les émissions de carbone devraient être l'objectif clé ».

Il a ensuite été interrogé sur la probabilité que la Grande-Bretagne soutienne un autre objectif pour les énergies renouvelables après l'expiration en 2020 de l'objectif européen visant à faire passer à 20 % la part d'énergie verte dans le bouquet énergétique.

« Même si nous sommes conscients de la valeur de cet objectif pour 2020 et que nous sommes en bonne voie pour l'atteindre, nous devrons nous interroger sur l'utilité d'un autre objectif pour les énergies renouvelables », a-t-il répondu.

Les entreprises ont besoin d'une certaine sécurité pour investir et ont mis la pression sur la Commission européenne afin qu'elle définisse une nouvelle politique pour remplacer les objectifs qui expireront en 2020.

M. Davey a déclaré préférer des « objectifs fondés sur les résultats » pour réduire des émissions de carbone, plutôt qu'un nouvel objectif sur les énergies renouvelables, un secteur qui devient de plus en plus viable d'un point de vue économique.

Il n'a toutefois pas précisé quel niveau d'émissions son pays pourrait soutenir. La Grande-Bretagne est déjà « l'un des pays les plus ambitieux, sinon le plus ambitieux », a-t-il ajouté.

Renaissance nucléaire

En mars dernier, le quotidien The Guardian a publié un document non officiel indiquant la volonté du gouvernement britannique de voir l'énergie nucléaire sur un pied d'égalité avec les énergies renouvelables en Europe. Cette mesure encouragerait considérablement l'énergie nucléaire en Grande-Bretagne, mais mettrait à mal les investissements dans la production d'énergie renouvelable.

Le secteur de l'énergie renouvelable au Royaume-Uni a déjà subi toute une série d'attaques, avec une vague de réticence alimentée par des groupes de réflexion de droite et des députés conservateurs. Une centaine d'entre eux ont fustigé les énergies renouvelables dans une lettre adressée au premier ministre, afin de l'encourager à supprimer les subventions accordées aux parcs éoliens terrestres.

L'objectif de la Grande-Bretagne est de réduire de 34 % ses émissions de dioxyde de carbone d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990. Cet objectif est de 20 % à l'échelle européenne.

La Grande-Bretagne vise également à réduire ses émissions de CO2 d'au moins 80 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990.

Tout comme le Royaume-Uni, la Pologne s'est également opposée à l'objectif européen d'énergies renouvelables dans le but de défendre sa production de charbon. Les Polonais ont en outre bloqué les tentatives de renforcer les objectifs de réduction des émissions de carbone.

Gaz de schiste

Pour contribuer à réduire les émissions de CO2des centrales électriques, la Grande-Bretagne souhaite avoir recours à la technique de captage et de stockage du carbone (CSC). Elle a pour cela lancé un appel à projets de 1 milliard de livres (1,25 milliard d'euros) le mois dernier. Au cours de l'année ou au début de l'année prochaine, le gouvernement révèlera les noms des vainqueurs qui signeront des contrats d'ingénierie d'avant-projet et de conception.

Le gouvernement britannique souhaite également encourager l'exploration du gaz de schiste, mais préconise une approche prudente afin d'assurer la sécurité des opérations de fracturation.

« Je ne pense pas qu'il faille exclure certaines options, mais pour développer l'exploitation du gaz de schiste, une réglementation extrêmement stricte doit être respectée », a précisé M. Davey.

Le mois dernier, un rapport indépendant conseillait au gouvernement britannique de continuer à autoriser la fracturation selon des consignes très strictes.

Le gouvernement devrait fournir une réponse officielle à ce rapport à l'issue de la période de consultation actuelle.

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