Échec à l'horizon pour les objectifs climat de 2050

  

Les mesures européennes de réduction des émissions de carbone dans le secteur de l'énergie ne parviendront pas à limiter la hausse de la température mondiale de deux degrés d'ici 2050, selon une étude de la Commission.

Selon l'étude de la Commission européenne Trends to 2050, publiée discrètement pendant Noël, le continent, s'il continue sur la même voie, ne diminuera ses émissions que d'environ 30 % en 2030 et de 44 % en 2050. Un seuil très insuffisant pour limiter le réchauffement climatique. 

Les scientifiques et les dirigeants européens estiment tous que l'Europe doit intensifier ses économies d'énergie et rendre sa production d'énergie plus propre d'ici 2050. Ce sont les conditions sine qua non pour réduire les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 1990 en vue d’éviter un changement climatique qui serait catastrophique.

Dans leur étude, les auteurs ont seulement pris en compte les programmes actuels de réduction de carbone, faisant le pari qu'aucune nouvelle politique ne serait mise en œuvre après 2020. Les défenseurs de l'« énergie propre » ont souligné la nécessité de poser un nouveau jalon pour 2030.

« Le secteur européen de l'énergie devrait toujours émettre près de 400 millions de tonnes de CO2 par an d'ici 2050 et la dépendance énergétique de l'UE devrait s'aggraver. [Dans ce contexte], un cadre réglementaire sur l'énergie, accompagné d'objectifs en matière d'énergies renouvelables et de réduction de gaz à effet de serre, est plus important que jamais », affirme Justin Wilkes, vice-directeur de l'Association européenne de l'énergie éolienne.

« En l'absence d'objectifs liés à la sécurité énergétique, il sera impossible d'avoir un secteur de l'énergie "zéro carbone" », ajoute-t-il.

L'objectif de réduction de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030 qui pourrait être adopté par Bruxelles devrait permettre à l'Europe une réduction de 80 % d'ici 2050, selon des défenseurs de l'environnement. Mais le scénario d'un secteur de l'énergie zéro carbone d'ici 2050 est hors de portée.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, cette réduction de 80% donnerait une chance sur deux de contenir la hausse de la température planétaire en-deçà des deux degrés.

Kevin Anderson, le vice-directeur du Centre pour la recherche sur le changement climatique Tyndall a envoyé une lettre au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il l'a accusé d'avoir une représentation erronée ayant des conséquences dramatiques sur les mesures à adopter pour réduire les émissions.

Statu quo

L'étude de la Commission prévoit un scénario habituel de réduction des émissions à partir de 2020. Selon le dernier document de ce type, publié en 2009, avant l'annonce des objectifs pour 2020, les émissions de CO2 devaient être réduites de 20 % d'ici 2030.

Les auteurs de Trends to 2050 prévoient, quant à eux, que le gaz, l'éolien et le nucléaire fourniront chacun environ un quart de l'approvisionnement énergétique européen d'ici 2050.

L'efficacité énergétique augmentera aussi de manière significative. « L’économie européenne aura gagné 78% en 2050 par rapport à 2010, mais malgré cela la consommation totale d'énergie diminuera de 8 % », selon le document de l'exécutif européen.

Insuffisant, selon les défenseurs de l'énergie propre. « Cette tendance montre l'absurdité qui est de poursuivre un scénario sans effort de réduction des émissions et souligne la nécessité d'une politique à long terme d'ici 2050 », explique à EurActiv Adrian Joyce, le secrétaire général d'EuroACE.

« Dans le climat économique actuel, ce serait faire preuve d'un manque de discernement de ne pas améliorer l'efficacité énergétique, avantageuse sur le plan économique », ajoute-t-il.  

Les ressources non conventionnelles

Selon l'étude, l'expansion du gaz de schiste et l'exploitation de réserves de ressources non conventionnelles influenceront les prix des carburants sur le long terme. De même, l'utilisation du gaz prendra de l'ampleur, ce qui aura une répercussion sur les prix du pétrole.

Après 2035, il est prévu que « la disponibilité limitée des ressources locales en énergie fossile [en raison de l'épuisement des ressources nationales] et les importations supplémentaires de biomasse entraineront à nouveau une importation nette en énergie. »

« Ce phénomène concerne principalement le gaz naturel qui, selon les projections, jouera un rôle important dans cadre des objectifs de réduction des émissions et sera un complément pour les énergies renouvelables », indique le document.

Une mise au point plus lente des technologies de captage et stockage du dioxyde de carbone est également prise en compte dans les prévisions de l'étude.

Prochaines étapes: 
  • 22 janvier 2014 :  présentation du paquet européen sur le climat
  • Mai 2014 : élections du Parlement européen
  • Mai 2014 : les États membres de l'UE doivent préparer des programmes pour que leurs entreprises énergétiques réalisent 1,5 % d'économies d'énergie par an
  • Juin 2014 : examen des progrès en vue d'atteindre des objectifs sur l'efficacité énergétique en 2020
  • 2020 : date butoir pour respecter les objectifs contraignants 20-20-20
Liens externes: 
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Commentaires

Portrait de Herve

2012 Germany catastrophic renewable situation does'nt open the most Bruxelles blind eyes? :
German grid was forced to buy 21B€ of erratic renewables that they were not able to resell above 3B€...!
Who is to pay this debt?
Of course and ultimately, the Users, ie the voters.
And evey year a new growing debt cumuls with the former: it is 24B€ in 2014 or 700€ per household ....!
And this only for 13% of their electricity.
Whatever Global Warming is a myth or a serious reality, the selected way to reduce CO² emisions - erratic renewables - is absolutely wrong (Germany is INCREASING its CO²).
What a waste!
Bruxelles ivory towers and politicians are infected by ideoligism of new sect "Global alarmists" which are against everything resonable.