La stratégie Europe 2020 met l’innovation au cœur du programme européen pour renforcer la compétitivité mais les projets de publication d'une stratégie « recherche et innovation » cet automne sont fortement critiqués.

S’exprimant lors d’une conférence à Bruxelles, un ancien entrepreneur belge fondateur de l’entreprise Metris, Bart Van Coppenolle, a décrit l’approche sur l’innovation de la Commission comme « totalement fausse ». Il a expliqué que les ingénieux pionniers étaient sceptiques sur la politique d’innovation de l’UE.

« L’innovation concerne l’entreprenariat et non la science et la recherche, telle est la position de la Commission. Nous avons déjà d’excellents scientifiques. Il ne s’agit pas toujours d’inventer des nouvelles technologies mais davantage d’intégrer celles qui existent déjà », a déclaré Van Coppenolle.

La question des brevets n’est pas la priorité des PME

L’accent de la Commission sur les brevets ne compense pas les baisses d’impôts des gouvernements nationaux, selon les entrepreneurs présents à la conférence, qui était organisée par Eurochambres.

David Harmon, membre du cabinet de la Commissaire à l’innovation Máire Geoghegan-Quinn, a déclaré que les brevets faisaient barrage à l’entrée de l’UE dans une économie de la connaissance. Le coût d’enregistrement d’un brevet est 20 fois plus élevé en Europe qu’aux Etats-Unis, ce qui va changer, a-t-il ajouté.

Des critiques se sont également élevées contre le temps imparti à l’obtention des fonds européens et le taux élevé de rejet des demandes des PME.

Piet Verhoeve de l’entreprise de communication high-tech Televic, a declaré que les aides locales sont souvent plus attractives pour les PME.

« Lorsque j’envoie un formulaire pour obtenir des financements à une autorité locale, il peut être modifié si nécessaire. Quand je l’envoie à l’UE, il est simplement rejeté », a expliqué Piet Verhoeve.

L’échec n’est pas une option

Karen Wilson, membre de l’Organisation pour la coopération et le développement en Europe (OCDE), a appelé à une modification des lois sur la faillite en Europe pour donner une plus grande chance aux PME de recommencer et de surmonter leur « peur de l’échec ».

Les membres de la Commission ont défendu les efforts de l’UE pour encourager les entrepreneurs, rappelant le programme Erasmus pour entrepreneurs et les mesures prises pour augmenter les investissements transfrontaliers en supprimant les barrières commerciales.

Cependant, les entrepreneurs ont déclaré que l’obstacle principal à l’échec était psychologique.

L'exécutif européen doit publier une stratégie sur la recherche et l'innovation pour le Conseil européen d'automne.