Le ministre de l’Economie allemand Rainer Brüderle s'oppose aux projets de la présidence espagnole de l’UE prévoyant de sanctionner les Etats membres qui ne respectent pas les objectifs de croissance de l’Union européenne. Un reportage d’EurActiv Espagne
Revue de presse
M. Brüderle a déclaré qu’il soutenait d’une manière générale l’ambition du premier ministre espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, visant à coordonner les politiques économiques des 27 Etats membres de façon plus efficace. Il a cependant mis en garde ses partenaires contre l’apparition d’encore plus de bureaucratie.
Les commentaires du responsable allemand ont incité la présidence espagnole de l’UE à répondre rapidement. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a précisé lundi 11 janvier qu'en réalité, l’Espagne ne prévoyait pas d'intégrer les sanctions dans le projet de remplacement de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi par une nouvelle stratégie sur 10 ans, surnommée « UE 2020 ».
Le projet en question devrait être débattu au prochain sommet de l’UE, qui aura lieu à Bruxelles le 11 février. La présidence espagnole souhaiterait que la stratégie soit adoptée au plus tard mi 2010, à l'occasion de la rencontre entre chefs d’Etat et de gouvernement prévue les 17 et 18 juin.
"Nous en sommes toujours au début des propositions d’évaluation", a dit M. Moratinos, ajoutant que chaque décision ferait l’objet d’un consensus et nécessiterait l’accord de tous les Etats-membres. A en croire le chef de la diplomatie espagnole, M. Zapatero n’aurait pas dit que les mécanismes de sanction devraient être introduits dans le projet mais plutôt que la manière dont la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi avait été mise en œuvre devrait faire l’objet de progrès.
Toutefois, la presse internationale a cité M. Zapatero vendredi 8 janvier, déclarant que l’Union devrait établir des objectifs économiques contraignants pour les Etats membres selon le projet d’ « UE 2020 ». La stratégie de Madrid, qui consiste à discréditer les annonces faites par la presse, ne semble pas crédible. EurActiv avait déjà donné des informations détaillées sur les propositions de M. Zapatero avant qu’elles ne soient rendues publiques.
Selon le quotidien espagnol El País, peu de temps s’est écoulé entre l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne et le début du premier conflit entre les fédéralistes -qui veulent une Union plus forte- et les eurosceptiques. Le quotidien place le président tournant de l’UE, M. Zapatero, du côté des fédéralistes, tout comme le président permanent du Conseil Herman Van Rompuy et le dirigeant du groupe libéral au Parlement européen Guy Verhofstadt. Ce dernier s’est exprimé en faveur d’un plus grand pouvoir économique au niveau de l’UE, avec des sanctions pour ceux qui ne coopèrent pas.
L’initiative a alarmé l’Allemagne, mais également le Royaume Uni qui pourrait élire, au printemps, un nouveau chef de gouvernement plutôt conservateur.
Toujours selon El Pais, M. Verhofstadt a envoyé un courrier au président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour se plaindre de ce qu’il appelle l’ « échec » de l’agenda de Lisbonne, conséquence du manque d’instruments pertinents au niveau de l’UE.



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