Selon le projet Europe 2020, qui doit être présenté le 3 mars, et dont EurActiv.com a obtenu une copie, la Commission souhaite introduire un système dit de "surveillance des pays" et lier les programmes de stabilisation fiscale aux dépenses dans les domaines favorables à la croissance tels que la R&D et l'éducation.

La proposition de l'exécutif de l'UE établit des objectifs spécifiques pour les Etats membres tels que la hausse du taux d'emploi de la population âgée de 20 à 64 ans, de 69 à 75 % au moins, et l’augmentation des investissements de R&D de 1,9 % du PIB de l'UE à 3 % (voir EurActiv 24/02/10 pour la liste complète des objectifs).

Pour y parvenir, les activités de vérification et d’évaluation d'Europe 2020 et du Pacte de stabilité et de croissance seront réalisées de façon simultanée, a expliqué la Commission européenne.

Toutefois, l'Allemagne craint que lier étroitement le succès des objectifs économiques de la stratégie à la conformité aux conditions du Pacte de stabilité et de croissance ne rende la surveillance fiscale "inutilement politique", explique Mme Merkel dans sa lettre, décrite par le Financial Times Deutschland.

La chancelière allemande y fait part de son scepticisme à l'égard de la mise en place d'objectifs spécifiques aux pays de manière individuelle, affirmant qu'elle s’y engagerait uniquement si les gouvernements étaient capables d'influencer directement leur réussite et s'il était possible de les atteindre en quelques années.

Soutenant que les pays de l'UE sont devenus plus interdépendants, en particulier dans la zone euro, la Commission s'est référée aux événements récents en Grèce pour prouver que les réformes, ou le manque de réformes d'un pays, pouvaient affecter la performance de tous les autres.

L'Allemagne est la plus grosse économie d'Europe et, de ce fait, on s'attend à ce qu'elle apporte une forte contribution pour soutenir les pays de la zone euro qui sont dans une profonde détresse économique.

Cependant, la chancelière Merkel est confrontée à une très forte opposition nationale sur un éventuel renflouement de la Grèce. La population craint le précédent qu’une telle aide pourrait créer, entraînant l'Allemagne à devenir responsable des Etats les plus pauvres qui font face à des difficultés.

Derrière les critiques de Mme Merkel sur Europe 2020, figure l'inquiétude de voir être mis en danger le respect des conditions énoncées par le Pacte de stabilité et de croissance sous prétexte de dynamisation de la croissance, indique le Financial Times Deutschland.

CALENDRIER:

  • 3 mars 2010 : La Commission européenne doit présenter sa proposition finale pour Europe 2020.
  • 25-26 mars 2010 : Le sommet de l'UE doit adopter ses principales orientations politiques, basées sur une série limitée d'objectifs proposés par la Commission européenne.
  • 17-18 juin 2010 : Les gouvernements nationaux doivent approuver les lignes directrices pour Europe 2020, ainsi que les objectifs spécifiques aux pays.
  • Automne 2010 : Les Etats membres doivent remettre leurs programmes de stabilité et de convergence, ainsi que leurs programmes de réformes nationales.