En accord avec la stratégie UE 2020 censée améliorer la compétitivité européenne, les ministres en charge de l’Industrie – qui revendiquent un rôle clé dans la mise en œuvre du projet – se sont engagés à développer une politique industrielle ambitieuse articlée autour de la croissance et des emplois durables.

Ebauché le 1er mars par les ministres européens, le projet reste cependant plutôt flou sur les détails, et aborde des thèmes déjà bien connus tels que l'innovation, le soutien aux PME ou encore la croissance durable.

« La récession économique a mis en évidence le besoin de modernisation et de restructuration », peut-on lire dans un document publié après la rencontre, « ainsi que la poursuite des efforts en faveur de l'innovation ».

Parmi les priorités de la future politique industrielle figure l’achèvement du marché unique, via la poursuite de la libéralisation des biens, des services, des capitaux, du travail et de la connaissance.

Les ministres européens ont par ailleurs réaffirmé leur volonté de réduire les charges administratives pour les entreprises et de mettre en place des collaborations entre chercheurs, industriels et secteur de l'éducation.

Mais les Etats membres devront toutefois gérer l’élimination progressive des mesures d’aide à l’industrie, tout en tenant compte de l'impact qu’un tel changement aura sur l'emploi.

Les ministres ont également rappelé que l’assouplissement des règles relatives aux aides d'Etat, qui a prévalu depuis le début de la crise, n’était que temporaire. Adoptée pour apporter une réponse à court terme face aux difficultés économiques liées à la crise, cette approche sera progressivement supprimée.

Le commerce du savoir et des produits

La nouvelle politique industrielle, conformément aux objectifs de la stratégie post-Lisbonne, devra favoriser l’innovation et créer les conditions d'une économie basée sur la connaissance. Le rôle joué par les industries manufacturières dans la  production de richesse sera lui aussi mieux reconnu.

Jusqu’à présent, les exportations ont principalement porté la reprise européenne, plutôt poussive, grâce à l'accent mis sur la recherche et la propriété intellectuelle.

Les fabricants européens ont d'ailleurs affirmé, pas plus tard que la semaine dernière, qu'ils espéraient obtenir un nouveau partenariat entre l'UE et ses principales industries afin de rendre l'économie européenne plus compétitive.

Dans son nouveau programme, publié vendredi 26 février, l’Alliance pour une Industrie européenne compétitive (ACEI), a appelé à la création d'une base industrielle forte et innovante, tout en soulignant par ailleurs la trop grande dépendance de l’UE au seul secteur tertiaire.

L'Alliance souhaite que l'Europe établisse une nouvelle politique intégrée qui permettra à l'industrie européenne de réaliser son potentiel en tant que leader mondial des technologies durables et vertes.

Dans ce but, les principaux obstacles que l’UE devra surmonter sont l'absence de matières premières en Europe, le manque de travailleurs qualifiés et la faiblesse des nouveaux produits innovants.

Le groupe plaide également en faveur d’un rééquilibrage de la balance commerciale au profit des exportations.

Les attentes vis-à-vis des nouvelles institutions sont grandes, a souligné la présidente de l'ACEI, Teresa Presas. Elle espère un fort leadership, en particulier de la part d'Antonio Tajani, le nouveau commissaire chargé de l'Industrie et de l'Entreprenariat.