L’efficacité des politiques d’aide à l’innovation dépend ainsi de leur capacité à cibler les secteurs d’activités et les catégories d’entreprises susceptibles de porter le renouvellement du tissu industriel. A partir d’une comparaison avec la situation américaine, cette note montre que le handicap de la France en matière de R & D privée s’explique par son positionnement sectoriel et par l’absence d’un tissu suffisamment dense d’entreprises engagées dans des activités de R & D. Il n’y a cependant pas de déficit structurel d’entreprises de taille intermédiaire mais une moindre capacité de cette catégorie à investir dans la R & D. Par ailleurs, les investissements privés en R & D apparaissent insuffisamment valorisés en France, particulièrement dans les petites entreprises. Ces résultats militent en faveur d’un ciblage du crédit d’impôt recherche sur les PME et les entreprises de taille intermédiaire et d’un accompagnement renforcé des petites entreprises pour la mise sur le marché des résultats de leurs projets de R & D.

Avec 39 milliards d’euros (Md€) consacrés aux dépenses de R & D, la France se place en 2008 au 4e rang des pays de l’OCDE derrière les États-Unis (272 Md€), le Japon (110 Md€) et l’Allemagne (61 Md€). L’écart entre la France et les États-Unis relève bien évidemment d’une différence d’échelle entre les pays mais pas uniquement. Rapporté au PIB, l’investissement global en R & D s’élève en effet à 2,0 % en France en 2008 contre 2,8 % aux États-Unis. Ce décalage entre les deux pays reflète exclusivement des différences dans l’intensité en R & D des entreprises (1,27 % en France en 2008 contre 2,01 % aux États-Unis), l’effort public en R & D étant identique dans les deux pays (environ 0,75 % du PIB en 2008). Par ailleurs, sur les quinze dernières années, la position française s’est fragilisée, avec des dépenses intérieures de R & D des entreprises progressant à un rythme annuel en volume près de deux fois plus faible qu’aux États-Unis.
 
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