L’étude détaillée, réalisée pour la Commission européenne, met en évidence un effet de « poids mort » substantiel et questionne l'impact de certains programmes destinés à dynamiser l'internationalisation dans le secteur des petites entreprises.

Selon un sondage mené dans le cadre de ce rapport, 37 % des PME profitant des initiatives de soutien aux entreprises offertes par l’Union estiment que ces programmes « facilitent assez peu leurs opérations, sans déboucher pour autant systématiquement sur un accroissement des activités internationales ou innovantes ».

La grande majorité des entreprises ont salué le soutien des autorités publiques mais environ 10 % d'entre elles considèrent que cela n’a été d'aucune aide.

Le rapport, produit par l'entreprise de consultance EIM, révèle également que la connaissance et l'utilisation des programmes de soutien public restent faibles à travers l'Europe, et recommande à ce titre des efforts vigoureux pour favoriser une meilleure prise de conscience.

Selon les auteurs, les mesures politiques destinées à stimuler l'innovation et l'internationalisation devraient être produites en tandem puisqu'il existe un lien puissant entre les activités sur les marchés internationaux et l'innovation.

« On devrait aussi considérer la possibilité de fusionner les agences qui mettent en œuvre ces deux types de politiques », affirme le rapport.

25% des PME exportent leurs marchandises

L'étude affirme que 25 % des PME dans l'UE sont engagées d'une manière ou d'une autre dans l'exportation, la moitié d'entre elles vendant des biens et des services en dehors du marché intérieur.

Ce chiffre est cependant bien plus élevé que les précédents, estimant à 8 % le nombre de PME engagées activement dans le commerce transfrontalier. Un constat qui pourrait jetter le doute sur les conclusions de l'étude.

Un tel écart peut cependant s’expliquer par la définition adoptée par la nouvelle étude. L'internationalisation comprend toutes les activités qui entraînent les PME dans une relation d'affaire significative avec un partenaire étranger, ce qui comprend les exportations, les importations, les investissements directs à l'étranger, la sous-traitance et la coopération technique.

Pour les entreprises qui ne sont pas actives dans le commerce international, la probabilité de s'implanter dans de nouveaux marchés dans un futur proche est en effet mince. Seulement 4 % d'entre elles déclarant avoir des projets concrets d'internationalisation.

Il existe un lien direct entre la taille d'une entreprise et son niveau d'internationalisation, fait remarquer l'étude, les grandes entreprises ayant beaucoup plus de chances d'exporter.

Une corrélation a aussi été trouvée entre la taille du pays d'origine de l'entreprise et sa tendance à commercer au-delà des frontières.

« Plus le pays est petit, plus les PME sont internationalisées, mais la proximité entre PME et frontière nationale n'a pas beaucoup d'effet sur le niveau d'internationalisation », expliquent les auteurs.

Les entreprises se situant près d'une frontière sont certes plus impliquées dans le commerce avec les régions transfrontalières, mais cela n'implique pas une internationalisation active plus générale. Les firmes établies ont également plus de chance de commercer internationalement, affirme le rapport.

Selon la recherche, le plus haut pourcentage de PME internationalisées se trouve dans le commerce de gros, l'activité minière, la fabrication et la construction automobile. Si l'on se penche seulement sur les exportations, l'activité minière, la fabrication, la vente de gros et la recherche sont les secteurs les plus engagés dans le commerce à l'étranger.

Cette étude sera publiée par l'exécutif européen. Pour le moment, la méthodologie de la recherche est encore passée au crible.

Les coûts et les paperasseries : barrières aux exportations

Les PME affirment que les principales barrières les concernant sont le prix de leurs propres produits et les coûts importants qu’implique l'exportation. Les obstacles extérieurs soulignés par l'étude incluent le manque de capital, le manque de soutien public, le coût et les difficultés liés à la paperasserie relative au transport.

Cependant, les mesures incitatives destinées à promouvoir le commerce à l'international sont clairement exposées dans le rapport, qui révèle une forte corrélation entre le commerce extérieur d’une part et une croissance élevée d’autre part. Ces compagnies sont aussi plus à même de créer de nouveaux emplois, souligne le rapport.