Dans le cadre du projet Life+, Bruxelles a accordé des aides allant de 700.000 à 3,5 millions d’euros à sept programmes français. Un moyen d’accélérer l’application des directives communautaires.

Documents officiels
Commission européenne
Life+
Dix millions d’euros. C’est la somme qui sera distribuée, en France en 2009, par la Commission européenne dans le cadre du programme Life+, destiné à financer des projets environnementaux.
Les sept initiatives françaises bénéficiaires de ces crédits ont été présentées, jeudi 5 mars, par des membres de la direction générale «Environnement» de la Commission, à Paris. Parmi eux, on compte des projets aussi divers que le développement de l’énergie issue de la biomasse, la mise au point d’une semelle de freinage silencieuse pour les trains, ou la production de combustibles à partir de déchets ménagers.
Patrick Lachassagne est responsable des ressources en eau du groupe Danone, pour la France. Son projet, co-financé par l’UE et monté dans le cadre d’un PPP (partenariat public-privé), consiste à concevoir un outil informatique capable de représenter les écoulements d’eau. But de l’opération: anticiper les menaces sur les sources d’eau potable et permettre de les contrer. «Le système est développé en coopération avec l’école des mines de Paris», précise Philippe Lachassagne.
Le projet, d’un coût total de 1,3 millions d’euros, est financé à 50% par l’UE. Pour le groupe Danone, l’enjeu est de taille. Il s’agit en effet de répondre aux exigences de la directive-cadre sur l’eau, adoptée en 2000. Le texte demande que «les Etats membres assurent la protection nécessaire pour les masses d’eau recensées afin de prévenir la détérioration de leur qualité». Si, dans un premier temps, les quatre sources françaises (Evian, Volvic, Badoit et Salvétat) bénéficieront des fruits du projet, cet outil de prévention pourrait rapidement profiter à d’autres sources exploitées par le groupe Danone en Europe.
Les crédits accordés dans le cadre de Life+ sont en fait un moyen, pour la Commission européenne, de faciliter la mise en œuvre de certaines directives communautaires. Le projet de développement d’une semelle de freinage moins bruyante pour les trains entre par exemple dans le cadre d’une décision de 2006 relative au bruit du système ferroviaire transeuropéen. Le développement des techniques de biomasse répond, quant à lui, aux exigences du paquet énergie-climat.
Pour 2009, la DG Environnement a retenu près de 140 propositions, sur les 700 projets candidats, financés à hauteur de 2,1 milliards d’euros. Au 1er janvier, tous les projets se sont vus verser 40% des crédits communautaires promis. Puis, 40% sera crédité à mi-période, avant que la Commission ne verse les 20% restants lors de la clôture du projet. «Nous nous réservons le droit de récupérer des fonds si nous estimons qu’ils ont été mal utilisés», précise-t-on à la DG Environnement.
LES SEPT PROJETS FRANCAIS:
- Le projet "SEMEAU" (Groupe Danone - Société des Eaux de VOLVIC) a pour but l’application de la directive cadre sur l’eau par la mise en œuvre d’un système expert de modélisation totale d’une masse d’eau.
- Le projet "DECIBELL" (Carbone Lorraine Composants) vise à réduire les nuisances sonores dues au trafic ferroviaire grâce à un système de freinage innovant.
- Le projet "Green Pellets" (Association d’Initiatives Locales pour l’Energie et l’Environnement) concerne les énergies renouvelables, en particulier les bioénergies.
- Le projet "HotOxyGlass" (AGC France S.A.S) promeut un processus de production du verre plat innovant, permettant de réduire la consommation énergétique ainsi que les émissions de dioxyde de carbone, d’oxydes nitreux et d’oxydes de souffre.
- Le projet "LAG’Nature" (Conservatoire des Espaces Naturels du Languedoc-Roussillon) a pour but de créer et de restaurer un réseau de sites lagunaires et dunaires sur le littoral méditerranéen en Languedoc-Roussillon.
- Le projet "COREXERUN" (Parc National de la Réunion) vise la conservation, la restauration et la reconstitution des habitats semi-xérophiles du massif de la Montagne sur l’Ile de La Réunion.
- Le projet "EWWR" (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) est un projet transnational (impliquant la France, la Belgique, le Portugal et l’Espagne) visant à réduire le volume des déchets urbains en Europe.




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