Une nouvelle initiative franco-allemande pour aider les producteurs laitiers durement touchés est soutenue par 16 des 27 Etats membres de l’UE. De nouvelles grèves des producteurs sont pourtant attendues cette semaine.
Positions
Documents officiels
Parlement européen
Effondrement des prix du laitCommission européenne
Page de la Commission consacrée à la crise laitièreCommission européenne
Situation du marché laitier en 2009 (communiqué de presse)Commission européenne
Situation du marché laitier en 2009 (rapport)Autre
Lettre de Bruno Le Maire et Ilse Aigner à la Commission européenneSénat
le prix du lait dans l'Union européenne, communiqué de presse 24 06 2009Autre
Conclusion du Conseil AGRI du 7/09/09
Revue de presse
Les producteurs de lait européen pourraient décider de recommencer leur grève. Un rassemblement de l’European milk board (EMB) est attendu jeudi 10 septembre sur l’esplanade des Invalides à Paris. Ce syndicat rassemble les opposants au Copa-Cogeca, le syndicat agricole européen majoritaire. Les paysans de l’EMB veulent lutter contre la disparition des quotas laitiers.
Cette nouvelle grève pourrait donc intervenir alors que la France et l’Allemagne, soutenus par 14 pays, ont proposé une nouvelle régulation européenne du secteur, dans une déclaration commune présentée à l’occasion du Conseil des ministres de l’Agriculture, lundi 7 septembre. Le texte vise à compléter la sortie du système des quotas laitiers entre 2010 et 2015 .
L’objectif est de ne pas laisser les producteurs à la merci du marché. Cette initiative franco-allemande, qui demande une action européenne plus importante pour protéger les laitiers, a obtenu le soutien de l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, l’Estonie, la Finlande, la Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.
Le texte suggère d’augmenter temporairement les prix d’intervention européens, que l’UE définit pour acheter aux agriculteurs leurs suprlus. Il propose aussi que les gouvernements nationaux puissent aider davantage les producteurs sans demander à Bruxelles son feu vert.
Allant plus loin, les 16 Etats suggèrent de mettre sur pied un prix minimum du lait, défini dans chaque pays entre les producteurs et les industriels.
Le Maire évoque la contractualisation
Au cours d’un point informel avec la presse à l’issue du conseil, le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a souligné que l’établissement de ce type de contractualisation entre les producteurs et les industriels était actuellement impossible en Europe.
Mais il a affirmé que la France et l’Allemagne commençaient à ébranler les règles traditionnelles qui régissent le secteur. Il a également souligné que la contractualisation pourrait être appliquée «dans les mois à venir».
En effet, il a estimé qu’elle était la «voie à suivre» pour réguler tous les secteurs agricoles, et pas seulement celui du lait. Bruno Le Maire a insisté sur le fait que l’introduction de plus de régulation était l’unique manière de garantir des revenus réguliers pour les agriculteurs, et par conséquent, d’assurer la sécurité alimentaire en Europe.
Dans une déclaration complémentaire, l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Hongrie, le Portugal et la Slovaquie ont demandé à la Commission européenne de suspendre temporairement la sortie du système des quotas laitiers. Mais l’Exécutif européen a refusé de revenir sur cette question.
De son côté, Pekka Pesonen, le secrétaire général du Copa-Cogeca, qui rassemble les fédérations agricoles (dont la FNSEA) et les coopératives européennes, a affirmé que les agriculteurs avaient besoin de mesures fortes et immédiates pour soutenir le secteur laitier. «A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles», a-t-il argué. Il a estimé que la question de la contractualisation devait être examinée.
CONTEXTE:
En novembre 2008, les ministres européens de l’Agriculture ont adopté le bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC). Concernant l’industrie laitière, ils ont adopté le principe d’une hausse de 1% par an des quotas laitiers. Cette augmentation progressive est conçue comme un «atterrissage en douceur» pour l’industrie laitière, avant l’abolition totale des quotas en avril 2015 (EurActiv.fr, 19/03/2008).
Pourtant, les agriculeurs européens ont entamé une vague de contestations depuis le mois de mai, pour protester contre l’effondrement du prix du lait (EurActiv.fr, 19/05/2009). Depuis plusieurs mois, ils préviennent les gouvernements européens que de nombreuses exploitations devront fermer si des mesures pour intervenir sur les marchés ne sont pas adoptées en urgence.
L’effondrement des prix dans le secteur laitier est du à la baisse de la demande, liée à la crise économique et financière. Selon les agriculteurs européens, les prix du lait ont baissé de 40% «atteignant le même niveau qu’en 1992».





Réagissez