Les critères de durabilité pour les biocarburants établis par la Commission européenne sont trop faibles comparés aux carburants fossiles. Cette prise de position émane d’un document diffusée par la Présidence slovène de l’UE. Selon les Etats membres, il s’agirait d’aller au-delà des 35% de réduction de CO2 tout au long du cycle de vie du biocarburant, c’est-à-dire pendant la production, le transport et l’utilisation.

En raison des désaccords entre Etats membres, les nouveaux critères chiffrés restent encore incertains.

Un porte-parole de la Présidence slovène a néanmoins déclaré à EurActiv qu’un compromis entre les gouvernements concernant une approche alternative en deux étapes semblait désormais acquis. Une telle approche supposerait d’imposer une première réduction de CO2 de 35% minimum, qui serait ensuite proportionnellement augmentée. Cependant, les Etats membres restent divisés quant à la date et à la taille des économies définitives à appliquer, certains pays exigeant des réductions définitives d’au moins 60% et d’autres des mesures beaucoup moins importantes.

Le document est le résultat provisoire des discussions au sein d’un groupe de travail spécial sur les biocarburants, créé par les Etats membres en février afin d’élaborer des  « critères de durabilité »  pour une production durable de biocarburants (EurActiv 26/02/08). Le groupe de travail devrait présenter son rapport définitif aux experts nationaux le 4 avril.

L’idée est que les critères, une fois finalisés, seraient inclus dans deux documents clés de la future législation européenne visant à promouvoir l’utilisation de biocarburants dans les transports. La première est la directive sur les énergies renouvelables (voir le dossier d’EurActiv.fr), présentée par la Commission le 23 janvier, selon laquelle 10% d’utilisation de biocarburants dans les transports dans l’UE devrait être atteints d’ici 2020. La deuxième est la directive sur la qualité des carburants (voir le dossier d’EurActiv.com) actuellement en discussion au Parlement et au Conseil. Elle impliquerait que les fournisseurs en carburants réduisent de 10% entre 2011 et 2020 les gaz à effet de serre produits par leurs combustibles tout au long de leur cycle de vie, soit en encourageant l’efficacité énergétique, soit en augmentant la part de biocarburants utilisée dans leurs carburants.

Beaucoup d’observateurs admettent que la mise en place tels critères de durabilité sont nécessaires si l’on veut éviter que les producteurs de carburants n’investissent dans des biocarburants bon marché dont l’utilisation aurait un rendement faible en CO2, mais dont l’impact écologique potentiel pendant les phases de production et de transport serait important.

Des critères supplémentaires comprendraient également, comme la Commission l’a proposé, une interdiction des biocarburants produits à partir du bois des forêts, des zones humides et d’autres herbages riches en biodiversité.