Une ONG de défense de l’environnement, European Pesticides Action Network  (PAN), a publié un rapport, mercredi 26 mars, affirmant que le raisin fait partie des produits alimentaires en vente les plus contaminés au sein de l’Union Européenne et cet aliment reçoit une dose de pesticides de synthèse supérieure à presque toutes les autres cultures.

Abandon des méthodes traditionnelles

Les auteurs de l’étude ont analysé 40 bouteilles de vin – 34 bouteilles traditionnelles et 6 de vin biologique - en provenance de l’UE. D’après les résultats des tests, l’ensemble des 34 bouteilles de vin traditionnel contenait 148 résidus de pesticides différents, soit une moyenne de plus de quatre pesticides par bouteille. Sur les six bouteilles de vin biologique testées, un échantillon contenait une faible concentration de pesticide potentiellement cancérigène.

Selon PAN-Europe, la contamination des vins témoigne d’une utilisation très intensive de pesticides dans la viticulture. L’organisation affirme que la présence de pesticides dans les vignobles européens est un problème croissant. Les viticulteurs abandonnent en effet les méthodes traditionnelles de contrôle des parasites pour choisir des pesticides de synthèse dangereux. Selon le porte-parole de PAN-Europe, Elliot Cannell, cette tendance a un impact direct sur la qualité des vins produits en Europe dans la mesure où les pesticides destinés aux cultures alimentaires de céréales à l’origine peuvent finir et finissent dans nos assiettes.

En réponse au rapport, l’Association européenne pour la protection des cultures (ECPA), représentant les intérêts des fabricants de pesticides, a souligné que tous les résidus trouvés étaient autorisés au sein de l’UE. L’ECPA a également affirmé que les quantités de résidus trouvés étaient bien trop faibles pour représenter une menace. L’association a comparé la proportion de pesticides retrouvé dans les bouteilles à l’équivalent d’une goutte d’eau dans une piscine olympique.

Marge de sécurité

L’association reproche au PAN de ne pas avoir analysé dans son rapport la présence d’autres éléments tels que le cuivre et le soufre qui sont tous les deux utilisés dans la viticulture biologique.

D’après le directeur de l’ECPA, Friedhelm Schmider, le niveau de résidus ne constitue pas une menace pour la santé des consommateurs européens de vin. La consommation de vin n’est pas dangereuse pour la santé au regard des traces de résidus de pesticides. Il estime que l’utilisation de pesticides ainsi que la surveillance des résidus sont toutes les deux soigneusement contrôlées par des scientifiques indépendants. Le niveau maximum de résidus est bien inférieur aux niveaux qui menacent la santé des consommateurs, pour fixer une marge de sécurité conséquente.

En 2006, la Commission européenne a proposé de renforcer l’utilisation des pesticides actuels et les procédures d’autorisation en Europe, estimant qu’il s’agissait d’un problème de plus en plus préoccupant pour la protection de la santé humaine et l’impact sur l’environnement des soi-disant produits phytopharmaceutiques.

Jusqu’à présent, la Commission a toujours rejeté les demandes formulées par le Parlement européen pour allonger la liste actuelle des substances interdites d’utilisation dans la viticulture. Les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept doivent aborder le problème lau mois d’avril et devraient parvenir à un accord d’ici le 19 mai 2008.