L’UE devrait résister à la tentation de réduire son soutien à la PAC et donner aux agriculteurs le droit d’augmenter la production alimentaire en Europe, a affirmé Mariann Fischer Boel, commissaire européenne chargée de l’Agriculture, lors d’un entretien accordé à EurActiv.com.
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Institut national de la recherche agronomique
Le bilan de santé de la PAC et son application en FranceAutre
Communication sur la simplificaiton de la PAC
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«Je voudrais pouvoir maintenir la production alimentaire en Europe», a souligné Mme Fischer Boel, interrogée sur ses priorités pour la PAC.
Une situation dans laquelle l’Europe serait dépendante des importations alimentaires venant de pays où les gouvernements sont instables serait un « cauchemar », a-t-elle ajouté.
Répondre à la demande mondiale croissante
Alors que l’UE est l’un des exportateur agricole les plus importants dans le monde, c’est également l’un des plus gros importateurs, a déclaré la commissaire. «Mais, nous avons eu la présence d’esprit d’ajouter de la valeur à la production», a-t-elle indiqué, ajoutant : «Nous importons majoritairement des matières premières –nourrissant peut-être les porcs au soja- mais ensuite nous exportons des produits de haute qualité à travers le monde.»
La population mondiale étant supposée augmenter de 6 à 9 milliards d’ici 2050, Mariann Fischer Boel espère que la future PAC apportera aux agriculteurs les outils nécessaires pour répondre à la demande alimentaire croissante. Elle pense que la PAC devrait soutenir leur production dans une optique de bien-être environnemental et animal.
«Nous ne voulons pas à l’avenir forcer un agriculteur à cultiver tel produit. Je pense qu’il est beaucoup plus important de donner à l’agriculteur la liberté de produire ce que le marché demande en réalité», a dit Mme Fischer Boel. «Dans ce sens, le bilan de santé de la PAC a représenté un pas en avant en faveur d’un secteur agricole orienté vers une économie de marché», a-t-elle dit.
La sécurité alimentaire
Interrogée sur le rôle de l’UE dans la sécurité alimentaire mondiale, la commissaire a répondu que l’Europe serait en réalité capable de produire davantage si elle utilisait les nouvelles technologies. Elle a ajouté que les biotechnologies ne l’effrayaient pas.
Entre 85 et 90 % des importations de soja en Europe sont génétiquement modifiées. «Si l’Europe décidait de ne pas l’accepter, cela conduirait à une réduction dramatique de la production de viande en Europe, et augmenterait les importations de viande issue d’animaux nourris aux OGM qui ne sont pas homologués en Europe», a-t-elle expliqué.
Le pilier de la « croissance verte », défi à relever pour la PAC
Mariann Fischer Boel pense que le changement climatique, l’économie de l’eau, la biodiversité et l’énergie sont les quatre défis principaux auxquels le secteur agricole sera confronté à l’avenir. Or, selon elle, la PAC doit « équiper » les agriculteurs de façon à ce qu’ils puissent relever ces défis.
«Je ne crois pas que les céréales ou le blé représentent le futur», a dit la commissaire, mais les déchets de ce secteur (la paille, la plaquette forestière, et les résidus des abattoirs) peuvent être transformés en énergies renouvelables, telles que l’éthanol ou le biocarburant.
Elle a argué que les agriculteurs avaient besoin de plus de moyens financiers pour pouvoir utiliser leurs matières premières. Des moyens qui pourraient être inclus dans un « pilier de croissance verte » de la politique de développement rural, a-t-elle dit.
Le secteur agricole doit contribuer à l’objectif général de l’UE de réduction des émissions de CO2 de 20 % d’ici 2020, a souligné la commissaire. Avant d’ajouter : «Je ne suis pas si pessimiste en ce qui concerne la contribution du secteur agricole.» Elle a même exprimé sa volonté de débattre d’un plan d’échange d’émissions pour l’agriculture.
Le budget de la PAC
Elle a mis en garde contre la possibilité d’un co-financement du premier pilier de la PAC par des paiements directs des Etats membres, qui, selon elle, conduiraient à la renationalisation de la politique agricole. Qualifiant cette possibilité de «très mauvaise décision», elle a dit que cela ne bénéficierait pas à tous les agriculteurs de tous les Etats membres et ruinerait totalement la PAC. «Cette politique est indispensable si l’on veut maintenir tout le monde sur un pied d’égalité, et permettre une concurrence loyale entre tous les agriculteurs de l’UE», a-t-elle ajouté.
Pendant ce temps, un taux de distribution plus fixe des paiements directs est nécessaire et toute réduction des financements actuels aurait besoin d’une longue période de transition pour permettre aux fermiers de s’adapter à une nouvelle situation. Une grande partie des paiements directs a été capitalisée sur le prix des terrains, et sans période de transition, Mariann Fischer Boel pense que le secteur serait détruit.
Subventions et échanges de la PAC
Elle a également souligné que la Commission européenne avait été beaucoup plus disposée que les Etats-Unis à contribuer à un résultat positif du programme de Doha pour le développement, les Etats-Unis n’étant pas encore prêts à céder.
«Avoir échoué à trouver un accord sur le programme de Doha est un grand regret pour moi, avant mon départ», a dit la commissaire. «Bien que les discussions soient toujours en cours, le prochain rendez-vous ministériel début décembre n’aboutira pas à un accord», a-t-elle ajouté.
«Je n’ai rien contre les accords bilatéraux, a-t-elle ajouté, mais nous ne pouvons pas régir le soutien national dans un accord bilatéral. Si nous voulons vraiment réduire les dérives du soutien interne, nous avons besoin d’un accord multilatéral», a conclu la commissaire.
Pour lire l’entretien en entier (en anglais), cliquer ici
PROCHAINES ETAPES:
- Fin d’été/début d’automne 2010 : La Commission doit établir une « carte » des différentes possibilités de réforme.
- Mi-2011 : La Commission doit rendre une proposition de loi finale sur la réforme détaillée de la PAC pour commencer les négociations avec les ministres de l’UE





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