En visite à Paris, les directeurs de Greenpeace international, Gerd Leipold, et du WWF international, Jim Leape, ont rencontré la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, pour faire un point sur le Grenelle de l’environnement et la place que la France souhaite jouer sur la scène internationale au niveau environnemental.
En bref :
Les conclusions du Grenelle de l’environnement devraient être détaillées, jeudi 25 octobre, par le président de la République lui-même.
D’ici là, les ONG présentes aux négociations poursuivent leur mobilisation. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a reçu, lundi 21 octobre, la visite des directeurs internationaux de WWF et Greenpeace : Jim Leape et Gerd Leipold.
Les branches françaises de ces deux grandes ONG environnementales sont parties prenantes dans les négociations du Grenelle, au sein du réseau Alliance pour la planète.
Passer de la rhétorique à la pratique
Le directeur international de Greenpeace ne s’est pas montré spécialement optimiste sur le Grenelle. « Jusqu’à présent, la France n’a rien fait d’impressionnant dans le domaine de l’écologie », a-t-il commenté lors d’une conférence de presse, à l’issue de son entretien avec la ministre. Selon lui, le Grenelle ne fait que reprendre les débats qui ont lieu partout en Europe. Et même si un tel projet est audacieux, le plus compliqué va être de dépasser la rhétorique.
Le projet de la France qui prévoit de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 a été jugé insuffisant et paradoxalement intenable, au vu des mesures à mettre en place pour y parvenir.
Un leadership français
Le représentant de WWF s’est montré plus optimiste. « Nous attendons avec impatience l’action de la France qui doit devenir un pays pilote et relever le défi du changement », a-t-il déclaré d’emblée. Tout en insistant sur la nécessité pour le pays de ne pas en rester aux déclarations d’intentions. « Il faut que la France nous dise comment elle compte le faire », a-t-il ajouté.
La Présidence française de l’Union européenne en 2008 a également fait l’objet de débats. Jim Leape et Gerd Leipold espèrent que la France saisira cette opportunité pour intervenir avec force sur une série de dossiers.
Evoquant la surexploitation industrielle du thon rouge en Méditerranée, qui menace cette espèce d’extinction, le WWF et Greenpeace ont salué l’initiative de la France qui, la première, vient de décider de publier ses chiffres de prises mais aussi de surplus. Les représentants des deux ONG ont cependant réclamé la mise en place d’un moratoire total sur la pêche. L’agriculture durable doit être une des priorités de la France, selon le WWF et Greenpeace.
La France doit aussi être, selon eux, présente dans les négociations sur la déforestation et l’après-Kyoto, et peser de tout son poids pour faire progresser les positions de l’Union européenne.
Greenpeace et WWF estiment enfin que la relation privilégiée qui existe entre Nicolas Sarkozy et le président américain, Georges W. Bush, pourrait être un moyen d’amener les Etats-Unis à la table des négociations à Bali pour le post-Kyoto.
Le Grenelle vu de l’international
Les deux directeurs estiment enfin limité l’impact du Grenelle français à l’étranger. « Mais la France est observée », ont-ils toutefois précisé, et « un échec serait remarqué, et mauvais pour l’image de la France et de son gouvernement. Il y a beaucoup d’attente ».
Le directeur des campagnes de Greenpeace France et porte parole de l’Alliance pour la planète, Yannick Jadot, estime pour sa part que « si le Grenelle est un échec, ce sera la responsabilité du président et du gouvernement ».





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