En bref:

« Le Grenelle offre vraiment l’opportunité de réunir les acteurs essentiels pour ce qui concerne l’une de nos mesures phares : celle qui consiste à réduire la consommation énergétique des bâtiments neufs et anciens, par exemple par un grand programme de rénovation thermique. Un consensus se dessine déjà autour de cette mesure. Reste à porter notre attention sur les détails de sa mise en œuvre » a indiqué la présidente du RAC-F, Sandrine Mathy, à l’issue de la première rencontre des parties prenantes sur ce sujet. 

Un consensus possible lors du Grenelle de l’environnement

Portée par des organisations protectrices de l’environnement telles que le Réseau Action Climat France (RAC-F), l’amélioration de l’isolation de l’habitat devrait faire consensus lors du Grenelle de l’environnement.

En marge des réunions des ateliers de travail du Grenelle, le ministre français de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, Jean-Louis Borloo, et la secrétaire d’Etat à l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont procédé à une série de visites sur le terrain afin de recueillir les attentes des acteurs.

L’habitat étant responsable de 43% de l’énergie consommé en France, les membres du gouvernement ont effectué leur premier déplacement en se rendant, fin juillet, dans la Drôme dans une maison bioclimatique et environnementale performante.

Les mesures déjà mises en place par la France

Si la plupart des Etats membres ont reporté la mise en œuvre de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD), adoptée en 2002, en prétextant un manque de professionnels qualifiés pour produire les certificats énergétiques de construction requis par le texte, celle-ci est en vigueur en France depuis septembre 2006.

Le pays a mis en place différentes mesures gouvernementales importantes afin de transposer le texte : renforcement de la régulation thermique existante, élaboration de la première réglementation thermique pour les bâtiments anciens, certificat énergétique des bâtiments, certificats d’économie d’énergie ou encore crédit d’impôt dédié au développement et aux économies d’énergie. 

L’Allemagne, suivie par la France et l’Espagne, figurent parmi les pays à la pointe de la construction écologique, précise l’étude.

La Commission estime qu’une mise en œuvre appropriée de la législation européenne visant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments « permettra un gain estimé de quelque 40 Mtep (million de tonnes équivalent pétrole) d’ici 2020 ».

Un pari loin d’être gagné. Les bâtiments consomment près de 40 % de l’énergie finale de l’UE, mais la mise en œuvre de la législation européenne visant à améliorer l’efficacité énergétique des constructions a été reportée dans la plupart des Etats membres.

Des prix gonflés par les professionnels du secteur

« Bâtir écologique » impliquerait environ 17% de dépenses supplémentaires dans les matériaux et la construction, selon un sondage réalisé auprès de 1400 professionnels de la construction dans le monde. Ces chiffres figurent dans une étude menée par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD) sur l’efficacité énergétique dans la construction.

Selon le WBCSD, ce chiffre serait cependant trois fois supérieur aux frais supplémentaires moyens réellement nécessaires pour réduire de manière significative le gaspillage énergétique dans les bâtiments de la plupart des pays développés.

Les principaux acteurs de l’immobilier et de la construction n’estimeraient pas correctement les frais et bénéfices des bâtiments « écologiques ». Une attitude qui constituerait un frein important à l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur de la construction, affirme l’organisation qui regroupe 200 multinationales.