Comment percevez-vous votre nouvelle fonction de député européen ?
Nous sommes au travail depuis le 10 juin à Bruxelles. La première session plénière est un peu formelle mais le travail concret va commencer dès la semaine prochaine puisqu’on va entrer dans les débats par la crise du lait.
Les producteurs de lait ont à nouveau manifesté à Strasbourg lors de cette première session…
C’est la plus grosse crise laitière jamais vue. Et c’est normal car nous sommes en train de démanteler les outils de maîtrise de production. Le Conseil de l’UE s’est complètement trompé en voulant supprimer les quotas et c’est de la responsabilité du Parlement européen de faire en sorte que des mesures soient prises pour y remédier.
Actuellement pour arriver à contrôler les prix il faudrait une diminution du volume de 5 à 6%. Tous les économistes reconnaissent que c’est là qu’il faut agir.
On ne peut pas démanteler les outils de production. Il faut simplement les organiser mieux. On ne change pas un modèle au moment où il est en crise mais au moment où il marche, comme le disait Edgar Pisani.
Vous avez habitué l’opinion à des coups de force pour faire aboutir vos idées. Pourtant le Parlement européen est l’institution du compromis par excellence. Comptez-vous changer vos habitudes ?
Pour obtenir un compromis, des positions doivent être établies. Il faut toujours discuter, mais il n’y a jamais eu de compromis avec des positions tièdes.
Cela dit, le Parlement ne se substitue pas aux organisations syndicales, aux mouvements sociaux.
Ce n’est pas moi qui vais organiser les rassemblements en tant que député. J’ai toujours voulu maintenir l’indépendance entre les organisations syndicales et les élus.
Cette semaine nous avons simplement fait en sorte que ces organisations puissent venir au Parlement européen rencontrer des députés des différents groupes.
La réforme de la politique agricole commune (PAC) fera partie des dossiers importants de la prochaine législature. Mais certains pays ne partagent pas la vision protectrice de la France dans ce domaine…
Tout le problème est de savoir de quelle PAC nous avons besoin. Si c’est une agriculture qui protège l’environnement et emploie des paysans nombreux répartis sur tout le territoire, les nouveaux outils s’imposeront d’eux-mêmes. Le marché mondial n’est pas une réponse à l’alimentation.



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