Les ministres européens de la Pêche sont finalement parvenus à un accord au sujet des quotas de pêche pour l’année 2008. Après une forte pression française, cette baisse sera moins importante que prévue, notamment pour le cabillaud.
Revue de presse
En bref :
Le traditionnel marchandage des quotas de pêche de l’UE a eu lieu mardi 18 et mercredi 19 décembre à Bruxelles. Les Etats membres sont finalement parvenus à un accord après des négociations de près de 20 heures.
Le cabillaud, nerf de la guerre
Le principal point de débat portait comme d’habitude sur le cabillaud, poisson très populaire en Europe, mais dont les stocks sont en baisse depuis plusieurs années, selon les scientifiques.
Les ministres présents ont donc fini par décider de réduire les quotas de 9 à 18% en fonction des zones de pêche. La Commission préconisait au début des négociations un réajustement de 25%.
Particularité de cette année, les quotas ont été rehaussés de 11% dans la zone de la mer du Nord, après la publication d’une étude scientifique démontrant une augmentation du stock. Cette décision a provoqué la colère des organisations écologiques qui jugent les réserves encore fragiles.
Le nombre de jours de pêche a toutefois été diminué.
« Pour garantir le rétablissement [des stocks], des efforts doivent être faits. Les ministres ont accepté une réduction de 10% des jours en mer [pour le cabillaud de la mer du Nord] », a déclaré le commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes, Joe Borg, lors d’une conférence de presse. « Les décisions prises cette nuit vont permettre de garantir que la pression commerciale sur les stocks continue à diminuer », a-t-il ajouté.
Des réductions “revues à la baisse”
Concernant les autres catégories de poissons, le résultat des négociations est semblable : la diminution des quotas est plus faible que prévue.
Pour le homard de Norvège, la Commission proposait le chiffre de 15%. Ce sera finalement 5%, avec en plus une réduction de 10% des jours de pêche.
Pour l’anchois, la décision prise a été drastique dans la baie de Biscaye (Golfe de Gascogne), malgré les intérêts économiques de l’Espagne et du Portugal. Toute pêche est maintenant interdite jusqu’à la fin du printemps 2008, temps nécessaire pour que les scientifiques évaluent précisément la situation.
Les quotas de plie et de sole de mer en Mer du Nord ont respectivement diminué de 3 et 15%, et les jours de pêche également de 10%.
Respect des quotas
Les quotas sont maintenant décidés, encore faut-il qu’ils soient respectés. Début décembre, la Cour des comptes de l’Union européenne a publié un rapport déplorant que l’UE ne dispose pas de données précises et fiables sur les quantités de poissons pêchées par les 27, chaque pays conservant son propre mode de calcul.
Elle a également regretté l’insuffisance des sanctions contre les pêcheurs ne respectant pas les quotas. Les trois quarts des stocks de poissons des eaux européennes seraient en surpêche.
Positions :
Dans une intervention sur la chaîne d’information LCI, le ministre français de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a déclaré que l’accord avait été « difficile » parce que, si « depuis plusieurs années les scientifiques et la Commission observent que les ressources amniotiques diminuent (…), derrière cette décision bruxelloise que nous prenons ensemble, il y a des hommes et des femmes qui ont des inquiétudes économiques ».
Le ministre français prévoit d’ailleurs déjà de nouvelles négociations. « Finalement, j’ai obtenu qu’on ramène cette diminution à 9% avec un rendez-vous dans quelques mois, parce que nous avons pu faire valoir une étude scientifique sérieuse (…) qui démontre que sur une classe d’âge de 2006 (…), il y avait une reconstitution du stock. »
Pour protester contre la politique de l’Union européenne, l’organisation écologiste WWF avait muré, lundi, l’entrée du bâtiment du Conseil de l’UE.





Réagissez