Les gouvernements européens ont introduit une série de programmes pour aider les petites entreprises, tels que des crédits d'impôts pour l'investissement dans la recherche, le développement de centres d'innovation, le soutien aux investisseurs privés et aux systèmes liant les PME avec les universités et les industries.

La stratégie d'innovation de l'UE - prévue pour septembre - devrait traiter bon nombre de ces questions, même si le débat tourne surtout autour d'une question: le projet privilégiera-t-il un modèle pour les entreprises ou une charte pour les chercheurs?

Alors que les budgets nationaux sont soumis à une pression importante en Europe, des efforts ont été réalisés pour préserver les fonds dédiés à la R&D, afin de stimuler l'innovation. Toutefois, les politiques nationales varient fortement dans l'UE - ce que le nouveau projet de Bruxelles pourrait essayer de simplifier.

La France veut suivre l'exemple allemand

L'innovation est considérée comme insuffisante en France et les PME ont besoin de dynamiser leurs exportations, un domaine dans lequel les Français sont à la traîne, derrière les Italiens et les Allemands. Par conséquent, le besoin d'augmenter l'investissement dans la R&D - actuellement de 2,08 % du PIB - est primordial.

La France souhaiterait suivre le modèle allemand afin de rendre les PME plus compétitives. Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au commerce et aux PME a présenté les brevets de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) et le crédit impôt recherche comme d'importants outils pour améliorer l'innovation dans les PME.

Le crédit impôt recherche témoigne du "bon cadre règlementaire", d'après la CGPME (confédération générale des PME). Néanmoins, il y a un manque d'information, que la confédération essaie de résoudre en créant des comités d'innovation locaux.

Les PME françaises ont des problèmes de capitaux en raison de leur petite taille ou de leur système d'impôts, a d’autre part confié la CGPME à EurActiv.fr. Enfin, la confédération constate qu'il y a trop d'entités qui travaillent sur l'innovation aujourd'hui, ce qui n'aide pas les PME à avoir une vision claire.

L'Allemagne veut des crédits d'impôts pour les entreprises innovantes 

Georg Schütte, secrétaire d'Etat allemand au ministère fédéral allemand de l'éducation et de la recherche, a dit espérer que le plan Europe 2020 aiderait à combler le "fossé de l'innovation". Dans un entretien à EurActiv.de, il a souligné que des liens renforcés entre l'industrie et les universités aideraient à commercialiser les découvertes des recherches - ce dont les PME peuvent espérer bénéficier.

Bund der deutschen Industrie (BDI), la voix de l'industrie allemande, souhaite ainsi que les crédits d'impôts pour les entreprises concernent la recherche. "L'innovation est l'avenir de l'Allemagne : les produits innovants et les services commercialisés à des prix compétitifs sont décisifs pour les créations d'emplois, pour accroître la prospérité et la qualité de vie […] La Commission européenne a encouragé les Etats membres à introduire un soutien fiscal pour les dépenses de R&D. Le BDI appelle à un crédit d'impôt s'élevant à 10 % des dépenses totales en R&D d'une entreprise", a affirmé un porte-parole du BDI.

L'investissement à long terme dans la R&D n'a pas été une priorité récemment pour les petites entreprises, en particulier à cause de la crise économique.

Une étude sur l'innovation dans le secteur des PME, réalisée par le Fraunhofer-Institute for Production Systems and Design Technology IPK Berlin, a conclu que les PME n'utilisaient pas tout leur potentiel d'innovation en raison de lacunes dans la gestion de l'innovation à long terme.

Seulement 30 % des entreprises donnent à leurs employés suffisamment de temps pour développer de nouvelles idées, tandis que moins de 50 % ont un processus d'innovation défini, révèle l'étude.

Le Royaume-Uni veut créer une culture d'entreprise

Un rapport d'expert préparé pour l'ancien gouvernement du Royaume-Uni avait appelé à la création de centres de technologies et d'innovations de pointe, axés sur les entreprises. Ces centres, conçus pour effectuer des recherches, impliquent les PME, auxquelles ils apportent des conseils sur les financements, la commercialisation et la propriété intellectuelle.

Le nouveau gouvernement britannique devrait poursuivre cette politique, en dépit de la nécessité de contrôler ses dépenses publiques. Le ministre du commerce, Vince Cable, a insisté sur le besoin de soutenir l'entreprenariat malgré l'importance des réductions budgétaires.

Le département de M. Cable pour le commerce, l'innovation et les compétences, s'est engagé à soutenir des marchés libres et ouverts, ainsi qu'à promouvoir le commerce et l'innovation à travers l'entreprenariat et l'engagement individuel dans l'économie. 

La nouvelle coalition s'est également engagée à créer une culture de l'entreprise où ceux qui sont talentueux et inspirés peuvent transformer leurs idées dans des entreprises fructueuses. Réduire la bureaucratie et offrir des primes aux start-ups font également partie des promesses.

L'Irlande veut augmenter les apports des investisseurs privés

A la suite du remaniement gouvernemental de cette année en Irlande, le ministre des entreprises s'est vu accorder de plus larges attributions, ce qui coïncide avec la publication d'un rapport détaillé d’un groupe de travail sur l'innovation, composé de représentants de l'industrie, des universités et du gouvernement.

Le rapport appelle notamment à encourager les apports des investisseurs privés et le financement des start-ups par des incitations fiscales.

L'Irlande, qui subit actuellement une profonde récession économique et une crise bancaire, met en avant sa très bonne démographie, son système d'éducation et son environnement règlementaire favorable aux entreprises comme de bonnes raisons de se montrer optimiste sur le long terme.  

Il a également été proposé de réformer la législation sur la faillite pour encourager l'entreprenariat, mettre en place de meilleurs systèmes de  protection de la propriété intellectuelle et se concentrer davantage sur la conception de produits.

Les PME tchèques veulent assurer des projets innovants financés par l'UE

Les PME tchèques pensent également que les entreprises innovantes devraient recevoir de l'argent de l'UE pour mettre en œuvre des projets innovants. « Recevoir des fonds pour de bons projets n'est pas irréaliste », a déclaré Karel Havlíček, directeur de l' Association of Small and Medium-Sized Enterprises and Crafts CZ (association tchèque des PME et de l'artisanat). Karel Havlíček fait toutefois remarquer que les PME tchèques n'avaient en général pas suffisamment d'argent pour investir dans l'innovation, et déplore qu'il n'y ait pas assez de soutien pour les entreprises innovantes.

Un sentiment partagé par Radim Kudla, chef du service de prospection commerciale chez PHONEXIA, une entreprise de technologies, qui regrette que l’éventail de programmes de subventions ne soit pas plus large.

Petr Chládek, directeur de la stratégie régionale d'innovation au South Moravian Innovation Centre (JIC), remarque qu’il peut s’avérer difficile pour les PME de travailler avec les universités et les instituts de recherche. Il déplore en effet que les entreprises ne soient, en général, pas capables de formuler leurs demandes de manière adéquate lorsqu'ils négocient avec les universités, qui ne sont elles-mêmes pas suffisamment souples.

La Slovaquie, « innovatrice modérée »

En 2006, seul un quart des sociétés slovaques étaient actives dans le domaine de l’innovation. La majorité (56%) de ces entreprises innovantes compte plus de 250 employés. Seulement 19,2% des micro-entreprises (moins de 50 employés) et 34,4% des entreprises de taille moyenne (moins de 250 employés) innovent.

Le Tableau de bord européen de l’innovation (TBEI) de 2009 identifie la Slovaquie comme une innovatrice modérée, avec des performances d’innovation en dessous de la moyenne des 27 pays de l’UE, mais en amélioration par rapport aux précédentes versions du TBEI.

Selon les données gouvernementales, la Slovaquie dépense actuellement environ 1,2% de son PIB dans la R&D et l’innovation, d’où son inquiétude face à l’ambition de la stratégie Europe 2020 de porter cet investissement à 3%.

Le problème principal repose sur le déficit d’infrastructures de l’innovation et le financement du capital risque. La Slovaquie fait face à un manque de synergie entre les cinq éléments principaux qui contribuent au potentiel d’innovation d’une région : les universités, les entreprises, les médias, les initiatives gouvernementales et les ONG. Les retombées favorables des universités sont donc invisibles et les investissements de départ dans les jeunes entreprises inexistants.

La plupart des idées innovantes restent à l’état de projets, les investisseurs privés sont très rares et manquent d’organisation. Les financements du capital risque opérant en Slovaquie ont le plus souvent un rôle d'audit et ne fournissent ni savoir-faire ni contacts.

Afin de traiter certains de ces problèmes, un nouveau projet a été lancé au début du mois de juin - Boosting the Innovation of Small and Medium-sized Enterprises (BISMES). Il est coordonné par la National Agency for Development of SMEs (NADSME, l’agence nationale pour le développement des PME) et financé par le CIP (Competitiveness and Innovation Framework Programme, le programme pour la compétitivité et l’innovation).

Le but de ce projet est de sensibiliser les PME à l’innovation, d’augmenter la coopération régionale entre les différents fournisseurs de services, de fournir les informations nécessaires à propos des innovations et de leurs financements.

Les pratiques innovantes en plein essor en Bulgarie

Selon une enquête publiée début 2010, 71% des entreprises bulgares déclarent des activités innovantes en 2009, contre seulement 43% en 2008. 19% de ces activités innovantes déclarées concernent la méthode.

La plupart des technologies introduites par les PME bulgares sont empruntées aux partenaires étrangers. Les résultats des activités liées aux brevets et aux licences des entreprises du pays montrent qu’il n’existe pratiquement pas de produits ayant une portée internationale.

Le rapport d’ARC FUND montre que les mesures prises par le gouvernement bulgare pour soutenir l’innovation en tant que facteur majeur de la lutte contre la crise et le maintien d’une croissance économique durable sont inadéquates.  

Un des problèmes identifiés concerne la mauvaise utilisation des fonds de l’UE destinés au développement de l’innovation, des sciences et technologies.

Angel Milev, directeur du programme de l’ARC FUND et coordinateur du Réseau de soutien européen aux entreprises – Bulgarie, explique ainsi la nécessité de mettre en place une politique de l’innovation moderne, intégrée à la stratégie économique, pour atteindre l’objectif communautaire en R&D.