Jacques Delors verrait bien Pascal Lamy à la tête de la Commission

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L’ancien président de la Commission souhaite que l’ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, prenne la tête de l’exécutif européen, alors que la candidature de Martin Schulz semble scellée. 

Jacques Delors a indiqué à la chaîne de télévision belge RTBF son candidat idéal au poste de président de l'exécutif européen : « on va m'accuser de favoritisme, mais le meilleur candidat serait Pascal Lamy. »

Pascal Lamy est membre de la famille politique socialiste européenne, comme Martin Schulz. Ce dernier est presque certain de mener la liste du parti lors de la prochaine campagne électorale européenne.

« Dans tout son travail, Pascal Lamy a montré que [...] la liberté nécessite des marchés mais nécessite une régulation. C'est d'ailleurs le modèle même de l'économie allemande : économie sociale de marché », a expliqué M. Delors.

L’économiste français Pascal Lamy a répondu : « il y a un lien filial entre [Jacques Delors] et moi ».

De 1985 à 1994, M. Lamy était chef de cabinet de Jacques Delors, quand ce dernier était président de la Communauté économique européenne. M. Lamy a également occupé le poste de commissaire européen au commerce sous la présidence de Romano Prodi de 1999 à 2004.

Il a récemment quitté l'OMC, car son mandat de directeur général arrivait à terme en août 2013.

Membre du Parti socialiste (PS), il devrait se présenter comme candidat commun aux élections européennes pour le Parti socialiste européen (PSE).

Selon les informations d'EurActiv, le PSE est presque certain de choisir Martin Schulz comme candidat principal et tête de liste. Si le Parti social-démocrate allemand (SPD) parvient à former une coalition gouvernementale avec la chancelière Angela Merkel. Les chefs d'État et de gouvernement nomment officiellement le candidat à la présidence de la Commission en tenant compte des résultats des élections européennes.

Les partis européens ont pris l'initiative de proposer des candidats communs pour inciter le Conseil européen à choisir le favori du parti vainqueur comme président de l'exécutif (voir " Contexte "). Les négociations pourraient s'intensifier dans les mois suivant les élections de mai 2014.

Jacques Delors avait déjà proposé l'introduction de candidats publics en 1999. « J’y tiens toujours, mais que se passera-t-il si un candidat remporte les élections, mais ne plait pas à deux ou trois gouvernements [au Conseil] ? » Il craint dans ce cas que la population déplore le caractère antidémocratique de ces élections.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a exprimé des inquiétudes similaires lors d'un débat le 11 octobre. Il a rejeté l'idée de candidats communs, qui provoquerait une « déception courue d'avance ».

L'entretien avec Jacques Delors a eu lieu en marge d’un débat organisé par le Nouvel Observateur et d'autres médias le 10 octobre à Bruxelles. Les anciens présidents français et espagnol Valéry Giscard d'Estaing et Felipe González, Jacques Delors et Herman Van Rompuy y ont discuté de l'avenir de l'UE.

Dans un rapport publié le 14 octobre, le groupe de réflexion Centre pour la réforme européenne indique que la personnification des élections européennes en vue d'améliorer la légitimité démocratique est vouée à l'échec.

« Les dirigeants nationaux doivent participer à la campagne, car ils ont l'influence et la crédibilité pour défendre les décisions importantes qu'ils ont prises en vue de sauver l'euro. Les politiques à l'échelle de l'UE sont devenues beaucoup plus importantes et les citoyens de tous les États ont dorénavant des points de vue bien arrêtés sur elles », écrivent les analystes Heather Grabbe et Stefan Lehne.

Prochaines étapes: 
  • 31 oct. : clotûre des candidatures pour les candidats du PSE à la présidence de la Commission
  • fév. 2014 : le congrès du PSE élit le candidat et adopte un manifeste de campagne
  • 22-25 mai 2014 :  élections européennes dans les 28 États membres
Liens externes: 
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