La Catalogne appelle à soutenir son référendum pour l'indépendance

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Le président catalan, Arthur Mas, a demandé aux premiers ministres européens d’appuyer  le référendum sur l'indépendance de la Catalogne. L'Espagne et la Catalogne mènent une lutte de plus en plus acharnée.

Dans une lettre de décembre rendue publique le 2 janvier 2014, Arthur Mas, président de la Région de Catalogne, a exhorté les autorités européennes à soutenir le référendum qu'il souhaite organiser. Le gouvernement de centre droit de Mariano Rajoy qualifie l'initiative catalane d'anticonstitutionnelle et refuse d'autoriser sa mise en oeuvre.

La problématique catalane a de fortes chances de dominer le calendrier  politique cette année en Espagne. Le pays, qui connaît une sortie timide de la récession, se prépare aux prochaines élections législatives de 2015.

« Contrairement à certains rapports, il existe un certain nombre d’options légales et constitutionnelles qui permettent la tenue du référendum en Catalogne, » d'après la lettre d'Arthus Mas destinée à la chancelière allemande, Angela Merkel. Il a par ailleurs reproduit ce document sur son site officiel et a envoyé des lettres similaires aux 27 autres dirigeants européens.

« Je suis convaincu que je peux compter sur vous en vue de soutenir un processus européen, transparent, démocratique et pacifique auquel la vaste majorité des Catalans et moi-même adhérons intimement », écrit-il.

Même si Arthur Mas ne fait aucune allusion dans sa lettre à la situation britannique, l'Écosse est appelée à s'exprimer sur son indépendance cette année.

En plus de mettre en difficulté le gouvernement central espagnol, cette campagne de communication internationale poursuit un objectif tactique : le parti catalan actuellement au pouvoir ainsi que des groupes de citoyens envisagent en dernier recours de saisir un tribunal international.

Mariano Rajoy et Arthur Mas ne semblent pas être sur la voie de négociations politiques. Le premier devrait faire usage du parlement national et porter l'affaire devant la cour suprême afin de bloquer toute décision afférente à la tenue d'un référendum.

Dans ce contexte, Arthur Mas pourrait être amené à organiser des élections anticipées. Selon les sondages d'opinion, celles-ci auraient alors de bonnes chances d'être remportées par le Parti de l'indépendance de la gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui est plus radical encore. Les dirigeants de l'ERC se disent prêts à aller devant une cour internationale si nécessaire en vue de faire aboutir le référendum.

En plus des lettres envoyées aux dirigeants européens, le gouvernement régional a fait parvenir 45 mémorandums à des pays étrangers en décembre dernier. Dans ces documents, les auteurs promeuvent la Catalogne en tant qu'économie d'exportation de premier ordre, située en plein cœur de l'Union européenne. En outre, la Catalogne souhaite rester membre de l’Union.

D’après des sondages d'opinion, le projet de l'indépendance catalane reçoit un soutien mitigé au sein de la région même. Certains sondages récents ont montré que seuls 35 % des répondants voteraient pour une sécession totale de l'Espagne, alors que d'autres ont indiqué qu'ils se rapprocheraient des 50 %.

Selon ces sondages, une majorité de Catalans veulent toutefois avoir le droit de décider et pensent que Mariano Rajoy devrait permettre le vote référendaire. 

Prochaines étapes: 
  • 18 sept. 2014 : référendum sur l'indépendance de l'Écosse
  • 9 nov. 20124 : référendum sur l'indépendance de la Catalogne
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Commentaires

Portrait de Yves Egal

Nous sommes dans le même cas qu'en Yougoslavie, où la séparation des "républiques" était anticonstitutionnelle. L'Europe l'a approuvée et ce fut la guerre. Ce sera sans doute la guerre en Catalogne par une Espagne qui n'a pas l'intention de défaire 522 ans d'Histoire. Au nom de quelle liberté les Catalans veulent-ils partir ? Rien ne les empêche de se battre démocratiquement au sein de l'Espagne pour faire avancer les points qui les chagrineraient. Il faut que l'Europe se prononce clairement contre le séparatisme.

Portrait de Gérard Briand

Vive la Catalogne libre d'être ce que son peuple souhaite d'être.

Portrait de Gérard Briand

Vive la Catalogne libre d'être ce que son peuple souhaite d'être.

Portrait de Gérard Briand

Vive la Catalogne libre d'être ce que son peuple souhaite d'être.

Portrait de Luc Forest

La Catalogne de par son peuple et sa culture est à des années lumières de l'Espagne tout comme le Québec l'est en rapport avec le reste du Canada et encore plus les USA qui l'entoure. Quand je vois la façon dont le gouvernement fédéral et le premier ministre canadien Stephen Harper traitent le Québec, je comprends les Catalans de vouloir se dissocier de l'Espagne. Je les encourage dans cette démarche et souhaite qu'ils y parviennent.

Portrait de Yves Egal

La différence de niveau de vie et de culture est la raison usuellement invoquée par les séparatismes. Mais la nation est l'ensemble de ceux qui désirent une certaine solidarité entre eux ,parce qu'ils ont la fierté d'un passé commun et le sentiment qu'ils ont besoin d'être ensemble pour l'avenir. Le passé ? Il n'est plus enseigné de nos jours et Franco a créé des clivages douloureux, mais la Catalogne était déjà ibérique lors de la Reconquista (le Cid), bien avant le mariage d'Isabelle et Ferdinand. L'avenir ? L'Europe en donnant l'illusion de s'occuper de l'avenir fait oublier que les nations sont les seules entités pérennes grâce aux liens en général très forts tissés depuis si longtemps. En un mot, les nations ont un avenir parce qu'elles ont un passé, qui se voit dans la langue (tous les Catalans parlent l'espagnol, qui a beaucoup plus de locuteurs et d'avenir que le catalan) et la religion (l'athéisme et la laïcité étant un héritage du catholicisme, ils forment une sorte de post-catholicisme). Bien sûr, on peut plus ou moins rassembler (ex. l'Europe) ou diviser à l'infini (une république des Baléares ?), mais la rationalité commande de maintenir un effet d'échelle et de maintenir les solidarités sur les plus vastes territoires possibles. Agrandir si possible, et ne pas casser le lien et les solidarités déjà existantes. Le "peuple" de Catalogne n'est pas plus peuple que celui des Baléares ou celui de toute l'Espagne ! D'accord, l'interdiction de l'avortement est une connerie qui discrédite Madrid, mais l'autorisation reviendra. Diviser l'Espagne est non seulement un égoïsme, mais une marque de haine profonde vis à vis des autres Espagnols. Pas étonnants qu'ils n'apprécient pas ! Et moi non plus.

Portrait de henry

Bonjour, je pense que les catalans devraiebt pouvoir beneficier de la meme capacite a s' exprimer sur le fait de rester ou pas au sein de la couronne espagnol comme les ecossais. Suerte a ustedes