Michel Barnier se montre favorable à la fiscalité écologique

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Le commissaire européen en charge du marché intérieur et des services espère que la réforme des retraites présentée par le gouvernement puisse aller plus loin. Il soutient l'idée d'une contribution énergie climat, mais à fiscalité constante, dans une interview accordée à EurActiv.

Dans un entretien à EurActiv.fr, Michel Barnier incite la droite française à faire preuve de « courage » en soutenant le projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement socialiste, si jamais une vraie réforme voyait le jour à l’issue des débats parlementaires prévu cet automne.

Pour l’heure, l’homme politique de centre droit estime le projet « incomplet et insuffisant, comme les réformes précédentes » confectionnées par la droite.  Le gouvernement a proposé la semaine dernière un projet de réforme du système des retraites en France, qui fait déjà grincer des dents à Bruxelles alors que la Commission appelle l’Hexagone à alléger le coût du travail.

>> Lire: Bruxelles s'interroge sur le risque économique d'une réforme des retraites

Rappelant les recommandations adressées par la Commission à la France, le commissaire souligne que la réforme envisagée porte surtout sur une hausse des cotisations, plutôt qu'une vraie refonte du système.

Selon lui, le niveau de prélèvements publics « atteint le maximum supportable » dans l'Hexagone, ce qui a des conséquences sur l'économie du pays. M. Barnier s'inquiète de voir des entrepreneurs, des investisseurs et des jeunes partir de France.

« Si ce mouvement s’amplifie, il faudra en tirer les leçons » avertit le commissaire.

En revanche, Michel Barnier se montre ouvert à une  réorientation écologique de la fiscalité, envisagée par le gouvernement Ayrault dans le cadre d'une "contribution énergie climat" .

Verdir la fiscalité serait une excellente chose à ses yeux, si la réforme se fait à fiscalité constante. La Commission européenne a déjà largement incité le pays à taxer la pollution plutôt que le travail.

Intégrer la voix des contestaires au débat européen

Et à la veille du lancement de la campagne des élections européennes de 2014, le commissaire appelle aussi à une vraie réflexion sur l’Europe, qui prenne en compte les toutes les parties prenantes. « Tout le monde a quelque chose à dire sur l’Europe ! Les bonnes idées peuvent être partout : chez Monsieur Mélenchon, à l'UMP, chez les Verts, chez les centristes... Il faut aussi écouter d'autres attitudes, comme celle que porte l'extrême droite ».

Fédéraliste convaincu, Michel Barnier souligne aussi le besoin d’intégrer les préoccupations des contestataires, qui manifestent une envie de «  moins d’Europe. « Beaucoup de citoyens s’inquiètent d’un projet européen qui n’a pas de limite, ni de frontière. Il faut sans doute en fixer. L’Europe peut aussi favoriser la subsidiarité. Un exemple : la réforme des marchés publics que j'ai présentée, pour simplifier drastiquement les obligations des entreprises qui participent. C’est la preuve qu’on peut faire quelque chose de moins. Qu’est-ce qu’on peut faire de plus ? Je vais plaider pour une politique industrielle européenne. Il faut que les dirigeants européens retrouvent le courage et l’audace qu’on a eu avec la CECA. Je vais plaider pour une Communauté européenne de la défense, qui ne sera pas la même que celle qu’on avait imaginé en 1954 ».

 

 

Prochaines étapes: 
 
  • 22 Sept. 2013: élections fédérales en Allemagne
  • 24-25 Oct. 2013: sommet européen sur les conséquences sociales de la monnaie unique
  • 19-20 déc. 2013sommet de l’UE sur le renforcement de l’intégration budgétaire et économique dans la zone euro et sur la politique de défense
  • 25 mai 2014: élections européennes en France
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