En dépassant les 100 dollars en janvier 2008, le prix du baril de pétrole poursuit son augmentation spectaculaire, entamée depuis 2002. Jean-François Jamet revient, pour la Fondation Robert Schuman, sur les effets de cette hausse sur la zone euro. Ainsi, les conséquences néfastes pour la croissance ont été limitées, et il semble que l’impact de l’augmentation demeure modéré en 2008.
En six ans (entre janvier 2002 et novembre 2007), les prix du pétrole ont été multipliés par 4,8, faisant passer le baril de 19,4 à 92,5 dollars. Les conséquences de cette augmentation sur la croissance de la zone euro ont été un coût compris entre 0,14 et 0,34 points de pourcentage par an, en moyenne.
S’agissant de 2008, les effets sur la croissance de la zone euro seront, selon les prévisions, compris entre 0 et 0,8 points de pourcentage, explique Jean-François Jamet dans cette étude.
Cet impact limité de l’augmentation du prix du baril sur la croissance de la zone euro peut s’expliquer, entre autres, par l’appréciation de l’euro depuis 2002. En multipliant par 1,7 la valeur de l’euro par rapport au dollar, tout au long de ces six dernières années, l’appréciation de la monnaie unique a permis d’absorber la moitié de la hausse des prix du pétrole.
Par ailleurs, l’impact de la hausse du prix du baril entre 2002 et 2007, sur l’inflation dans la zone euro, paraît aussi limité. Ainsi, pendant cette période, il semble que l’augmentation successive des prix n’a couté, en moyenne, que 0,2 point d’inflation par an. Et, a priori, cet impact sera aussi contenu pour l’année 2008.
Il n’est cependant pas évident de déterminer la politique monétaire que devrait suivre la BCE. Ainsi, le débat demeure entre ceux qui plaident pour une politique plus restrictive, c’est à dire pour un relèvement des taux directeurs afin de se rapprocher de l’objectif de 2% d’inflation, et les autres qui craignent qu’une telle politique ne pénalise la croissance.
La politique de neutralité poursuivie par la BCE semble, dans ces circonstances, justifiée, dès lors qu’elle permet à la BCE de réagir en cas d’événements imprévus. Il paraît en effet souhaitable de maintenir les taux d’intérêts constants, ce qui revient à augmenter d’un quart ou d’un demi point les taux directeurs, d’autant, que selon les estimations, l’appréciation de l’euro n’a coûté que 0,1% de croissance.
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