Même si rien ne permet de l'affirmer, la Banque centrale européenne pourrait diminuer ses taux d’intérêt au mois de janvier. "Etant donné la chute de l'inflation et l'effondrement des indicateurs économiques, il semble désormais possible que la BCE réduise d'un demi-point son principal taux d'intérêt" dès la réunion du 15 janvier, estime Christoph Balz, économiste à la Commerzbank, selon des propos rapportés par l’AFP, le 11 janvier.

Après la baisse des taux de la banque Bank of England, annoncée le 8 janvier, ceux-ci se situent désormais à leur niveau le plus bas jamais enregistré (1,5 %). Une raison supplémentaire pour la banque de Francfort de réduire son principal taux d'intérêt. Argument supplémentaire pour la BCE, l'inflation a enregistré une forte baisse au mois de décembre en atteignant 1,6%. Un chiffre bien en dessous de l'objectif prévu de 2%.  

Mais rien n’est fait. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a en effet indiqué au mois de décembre qu’il s’agissait d’attendre pour voir les effets des précédentes baisses des taux sur l’économie réelle. La banque centrale a en effet diminué ses taux trois mois de suite entre octobre et décembre, les faisant passer de 4,25% à 2,50%.

Outre l’inflation en baisse, les statistiques sur le moral des consommateurs et des entrepreneurs pourraient conduire à une baisse des taux. D’après les statistiques mensuelles publiées le 9 janvier par la Commission européenne, le moral des consommateurs et des entrepreneurs serait au plus bas depuis la création de ces enquêtes en janvier 1985. L’indicateur du sentiment économique a récemment chuté à 63,5 points dans l’UE et à 67,1 points dans la zone euro. Il atteignait 110 points dans les deux zones à la mi-2007, juste avant le début de la crise financière sur le marché américain du logement. 

L’indicateur conjoncturel a également enregistré son record le plus bas en décembre 2008. Il traduit les craintes des dirigeants d’entreprise quant à la production dans la zone euro et reflète l’augmentation des stocks de produits finis invendus.

Eurostat, l’office des statistiques de la Commission, a en outre confirmé début janvier que l’économie de la zone euro avait reculé de 0,2% entre juillet et septembre 2008. La zone euro est désormais officiellement considérée comme en récession, dans la mesure où elle a enregistré une croissance négative pour le deuxième trimestre consécutif. Le dernier trimestre a également enregistré un recul de 0,2% de l’ensemble de l’économie de l’UE.

Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a déclaré le 8 janvier dans un discours prononcé dans la capitale slovaque Bratislava, qu’une nouvelle prévision serait publiée le 19 janvier afin de donner une image plus claire des perspectives économiques de l’UE pour 2009. Il a toutefois reconnu que l’année à venir risquait d’être morose. 

Parallèlement, le chômage est passé en novembre à 7,8% dans la zone euro et à 7,2% dans l’UE, atteignant un pic en Espagne (13,4%), dans les pays baltes et en Hongrie (plus de 8%), selon Eurostat. En France, le chomage est passé de 6,8% à 7,2% entre novembre à décembre 2008. Amelia Torres, porte-parole de M. Almunia, a regretté la mauvaise situation dans certains pays de l’UE, mais a souligné qu’à l’échelle européenne, le taux de chômage augmentait à un rythme modéré.

Toutefois, selon différents observateurs, les Etats membres n’entreprennent pas assez rapidement la mise en œuvre du plan de relance adopté en décembre par les dirigeants de l’UE. Dans une lettre adressée à European Voice, le président du parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, a fait remarquer que rien ne montrait que l’Europe était sur le point de réaliser un plan de relance représentant 1,5% du PIB. « Les données récentes que j’ai consultées laissent entendre que les plans de relance acceptés par la plupart des Etats membres jusqu’à présent s’élèvent à environ 0,5 % du PIB », a-t-il écrit. Seuls l’Espagne et le Royaume-Uni semblent vouloir investir plus de 1% de leur PIB pour stimuler la croissance.