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Accueil - Euro / Finance

Bruno Le Maire :«L’entrée dans la zone euro est une obligation»

5.3.2009

Faire entrer les pays d’Europe de l’est dans la zone euro et s’appuyer sur le couple franco-allemand sont les solutions pour sortir de la crise, selon le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Bruno Le Maire.

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Pas question de retarder l’entrée dans la zone euro des pays de l’Est de l’Europe. C’est en substance le message délivré par le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Bruno Le Maire, lors d’une audition devant les commissions des Affaires européennes de l’Assemblée nationale et du Sénat, mercredi 4 mars.

Cette prise de position fait écho aux propos de Nicolas Sarkozy lors du Conseil européen extraordinaire du 1er mars. « Tous les pays de l’UE doivent rejoindre l’euro », avait déclaré le président français à cette occasion. « Ce n’est pas un droit c’est une obligation », avait renchéri le commissaire européen aux Affaires monétaires, Joaquín Almunia.

Pour faire face à la crise économique mondiale, l’Europe doit être solidaire et refuser « toute forme de division entre l’est et l’ouest », a rappelé Bruno Le Maire.

Evoqué le 1er mars par les 27, le principe de solidarité suscite des craintes chez les députés et sénateurs français. En période de crise, l’entrée dans la zone euro des pays de l’est pourrait mettre en difficulté l’ensemble de la zone se sont inquiétés les députés Marc Laffineur (UMP) et Elisabeth Guigou (PS).

Il est possible de « se pencher » sur les critères de 1991, qui définissent l’entrée dans la zone euro, a estimé M. Le Maire. « En tout état de cause nous avons besoin de critères rigoureux », a-t-il rassuré tout en indiquant qu’il n’était pas opposé à l’idée de les modifier. Dès lors « une accélération de l’entrée [dans la zone euro] est envisageable mais elle doit se faire de manière rigoureuse » afin d’éviter « une instabilité » pour la zone une fois ces nouveaux pays intégrés, a-t-il signalé.

Le secrétaire d’Etat a rappelé que l’adoption de l’euro était une obligation prévue par le traité après chaque adhésion à l’UE. Seuls les Etats ayant signés une clause d’« opt out » peuvent faire exception à la règle, a-t-il rappelé.

Pour sortir de la crise, M. Le Maire a indiqué la nécessité de mettre en place une politique économique européenne. Une marotte du président français depuis son élection. « Le seul point de départ crédible» étant, selon Bruno Le Maire, un accord franco-allemand sur le sujet.

Mais « aujourd’hui l’Europe hésite à prendre les décisions nécessaires » et ne modifie pas « ses comportements et habitudes des temps plus calmes », a-t-il regretté. Il faut « un élan qui ne pourra venir que d’un accord franco-allemand ».  

Insistant sur la nécessité de préparer la sortie de crise, qui se soldera, selon lui, par « un endettement public jamais connu depuis la création de l’Europe », M. Le Maire a estimé que l’innovation serait alors « la seule clef pour absorber l’endettement ». Le ratio de dépenses publiques accordé à l’innovation, et préconisé par les critères de Lisbonne, devrait devenir une obligation inscrite dans le traité, a-t-il proposé. Ces critères seraient définis en prenant en compte les différences entre les pays, et leur respect soumis à l’examen des Etats.

Revenant enfin sur la réforme du système financier international, M. Le Maire a réaffirmé qu’il était nécessaire d’assurer « une régulation financière à l’échelle mondiale ». L’Europe doit « apporter un plan clef en main » à la réunion du G20 du 2 avril prochain. « J’ai bon espoir que les Européens arrivent unis ».

POSITIONS:

Pour défendre l’euro, la députée Elisabeth Guigou (PS) a préconisé l’utilisation des outils du traité qui permettent d’établir une stratégie de change avec les autres monnaies mondiales. « Des outils qui n’ont jusqu’ici jamais été utilisés », a-t-elle ajouté.

Le député Jacques Myard (UMP) a déclaré n’avoir « jamais mis les malheurs de l’Europe à l’aune de ses espérances ». Mais, selon lui le problème de l’Europe réside dans sa confusion entre « une coordination au niveau européen et un intégrisme ». « Il faut arrêter de dire qu’il est nécessaire de faire entrer de nouveaux Etats alors que deux vont peut être en sortir (de la zone euro, ndlr) ; il faut sortir du politiquement correct », a-t-il rétorqué.

Le sénateur Jean Bizet (UMP), vice président de la commission des Affaires européennes, a estimé qu’il était « primordial » de réformer le système financier international.

Dans le même sens, Annick Girardin (PS) a indiqué, évoquant le G20 : « s’il y a une chose qu’il faut réussir c’est cela ».

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