«Les négociations sur la nomination du président de l’Eurogroupe sont encore ouvertes», a déclaré aux journalistes vendredi 4 décembre le ministre italien pour les Affaires européennes Andrea Ronchi. «Le dernier mot revient au Conseil européen», a ajouté Ronchi, en faisant référence au sommet européen qui s’ouvre cette semaine à Bruxelles, jeudi 10 et vendredi 11 décembre.
L’Italie fait ouvertement pression pour la nomination du ministre italien des Finances Giulio Tremonti à ce poste, qui est entre les mains de M. Juncker depuis 2004.
Ces déclarations italiennes surviennent alors que la décision de désigner de nouveau M. Juncker semblait être réglée, selon les déclarations faites par les ministres de l’Eurogroupe qui se réunissaient à Bruxelles le 1er décembre.
«Il n’y a absolument aucun doute qu’il va être réélu président de l’Eurogroupe pour deux ans et demi», a déclaré aux journalistes la semaine dernière le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble, en se référant à M. Juncker.
Un Italien à la BCE ?
Cependant, la décision officielle ne sera pas prise avant janvier, par un vote à la majorité entre les 16 pays qui partagent la monnaie unique européenne. Les dirigeants européens discuteront de cette question de manière informelle en marge du sommet de Bruxelles les 10 et 11 décembre, a déclaré M. Ronchi.
Le premier ministre italien Silvio Berlusconi fait pression en faveur de la candidature de M. Tremonti, comme compensation pour ne pas avoir obtenu la présidence du Parlement européen, qui est revenue à la Pologne en juin dernier. La candidat de M. Berlusconi, Mario Monti, a échoué face à l’actuel président de l’assemblée européenne, Jerzy Buzek.
L’Italie est aussi dans la course, selon les observateurs, pour la présidence de la Banque centrale européenne, actuellement occupée par le français Jean-Claude Trichet, dont le mandat se termine début 2011. Faire entendre la voix de l’Italie concernant la présidence de l’Eurogroupe pourrait être un moyen de contribuer à cacher ses autres objectifs, ont déclaré les diplomates.
La candidature italienne pour la BCE est portée par le très reconnu gouverneur de la Banque centrale italienne, Mario Draghi. Cependant, l’Allemagne s’est vu promettre depuis longtemps ce poste et ne devrait pas y renoncer.
La seule chance que les Italiens ont d’obtenir un poste est d’impliquer d’autres pays de l’Eurogroupe dans la bataille. La ministre française des Finances Christine Lagarde a longtemps été citée comme possible présidente de l’Eurogroupe.
Mais la France est-elle prête à joindre ses forces à celles de M. Berlusconi contre l’Allemagne, son alliée historique, qui soutient M. Juncker ? «Christine Lagarde a écarté toutes suggestions de ce genre. M. Juncker est aujourd’hui le seul candidat», a-t-elle dit la semaine dernière avant la rencontre de l’Eurogroupe à Bruxelles.
CALENDRIER:
- 10-11 déc. 2009: Conseil européen à Bruxelles.
- Fin 2010: Expiration de l'actuel mandat de M. Juncker à l'Eurogroupe.



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