Alors que le niveau de l’euro face au dollar et au yuan ne cesse de battre des records, les responsables de la zone euro ont durci le ton contre les autorités monétaires chinoises et font pression pour une réévaluation du yuan.
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La zone euro impuissante sur le dollar, ferme sur le yuanAgence France Presse
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Avant une visite européenne, la Chine annonce un excédent commercial record
Contexte:
Quelques heures à peine avant la réunion des 13 ministres des finances de la zone euro, la Chine a annoncé, lundi 12 novembre, un nouvel excédent commercial mensuel record.
En octobre 2007, les Chinois ont exporté pour 27,05 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont importé, un chiffre en progression de 13,5% sur un an. Ces performances commerciales sont soutenues par la faiblesse du yuan. La devise chinoise est liée à la devise américaine, suit donc sa chute et pousse l’euro à la hausse. La monnaie européenne a ainsi dépassé la barre record de 1,47 dollars le 8 novembre.
Enjeux:
La question des taux de change a été au cœur de la réunion de l’Eurogroupe lundi 12 novembre. Reprenant les termes du gouverneur de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet (Lire Euractiv 9/11/07), les ministres de finances de la zone euro ont dénoncé les « mouvements brutaux récents sur les taux de change » et la « volatilité excessive » des monnaies.
Si l’euro fort permet de limiter les effets douloureux de la hausse des prix du pétrole puisque les importations sont libellées en dollars, il pèse surtout fortement sur la compétitivité des exportations des entreprises européennes.
Occultant la question du dollar, les autorités européennes ont donc accentué leur pression sur la Chine, accusée de maintenir le yuan à un niveau artificiellement bas pour soutenir ses exportations. Jean-Claude Trichet, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, se rendent en Chine le 27 novembre.
Selon Juncker, il ne s’agit pas de « donner des leçons aux Chinois » mais d’établir un « dialogue macroéconomique régulier » et de leur dire « que la Chine a une responsabilité grandissante en ce qui concerne la politique monétaire internationale ».
Nicolas Sarkozy précédera de justesse en Chine les trois responsables européens en se rendant à Pékin entre le 25 et le 27 novembre. Le président de la république devrait également aborder la question de la monnaie. Il a en effet expliqué, le 7 novembre, aux Etats-Unis : « Je vais aller en Chine et je leur dirai : vous avez une réussite tellement spectaculaire (…) vous n’avez pas besoin d’avoir une monnaie si dévaluée pour gagner ».
Les ministres des finances de la zone euro sont également revenus sur les prévisions économiques de la Commission européenne pour le déficit et la croissance (Lire Euractiv 13/11/07). Le président de l’Eurogroupe a ainsi réaffirmé l’objectif d’équilibre des finances publiques pour 2010, reprochant implicitement à la France de vouloir s’affranchir de cet engagement commun pris en avril au niveau de la zone euro.
Positions:
Avant la réunion de l’Eurogroupe, le patronat européen a exprimé son inquiétude devant l’envolée de l’euro. Ernest-Antoine Seillière, le président de BusinessEurope, a déclaré que « le niveau de l’euro aujourd’hui se situe au-delà du seuil de douleur pour les entreprises européennes » et que « la situation est suffisamment grave pour que tout le monde considère comment quelque chose peut être fait ».
Au sujet de la pression exercée sur la monnaie chinoise, la ministre française de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, a expliqué : « C’est un sujet sur lequel nous partageons tous le même point de vue ». Evoquant l’aggravation du déficit commercial et les tensions inflationnistes en Chine et prônant la réorientation de la croissance chinoise vers le marché domestique, la ministre a souligné « qu’une réévaluation du yuan ferait probablement du bien à tout le monde ».
Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a confirmé que « la première priorité est la Chine ». L’ambassadeur de l’UE en Chine, Serge Abou, a affirmé que « nous ne pouvons pas continuer ainsi avec un déficit sans cesse croissant », et précisé : « Les Chinois sont eux-mêmes convaincus qu’un énorme excédent n’est pas dans leur intérêt et nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut redresser la situation. La question est de savoir par quels moyens ».
Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a lui aussi de nouveau appelé la Chine à plus de flexibilité sur sa politique de change.
Pour autant, le consensus sur la nécessité d’une baisse de l’euro n’existe pas réellement au sein de l’Eurogroupe. L’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas refusent systématiquement de critiquer l’euro fort. Le ministre des finances autrichien Wilhelm Molterer a ainsi assuré que « l’euro fort reflète une économie forte » et « rend la vie plus facile face aux prix élevés du pétrole ».





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