Deux jours avant la réunion du G20 de Pittsburgh, la ministre de l’Economie a répété les points centraux soutenus par la France dans la réforme du système financier international.

Revue de presse
Nouvel Observateur
Les pays du G20 ont les mêmes priorités, dit Christine LagardeLe Figaro
G20 résistance anglo-saxonne
« Nous sommes dans de la dentelle ». Selon Christine Lagarde, les discussions entre négociateurs du G20, qui tentent avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des 24 et 25 septembre de rédiger un texte de conclusion, sont aujourd’hui « sémantiques ». « Mais la dentelle est essentielle », a ajouté la ministre de l’Economie, lors d’une conférence de presse mardi 22 septembre.
Pour la France, trois points essentiels doivent émerger de la réunion du G20 sur la réforme du système financier international, a indiqué Mme Lagarde.
Tout d’abord les bonus des traders. Paris cherche à limiter cette rémunération sans pour le moment avoir trouvé de formule qui convienne à ses partenaires. Américains et Britanniques ne veulent pas entendre parler d’une limitation stricto sensu. « Un certain nombre de places sont en concurrence. En particulier à Wall street et à la City, nous rencontrons des forces de résistance face aux propositions mises sur la table », a expliqué Christine Lagarde. Une limitation des bonus en pourcentage de l’activité ou la mise en place d’un système de bonus malus en cas de prise de risque trop importante ont été évoquées comme alternative.
Deuxième objet central de la négociation pour la France : la lutte contre les paradis fiscaux. « Va-t-on pouvoir aller plus loin que le chemin parcouru depuis Londres? », a interrogé la ministre de l’Economie. Souhaitant que le G20 retienne la date de mars 2010 au-delà de laquelle des sanctions devraient être prises, Mme Lagarde a également évoqué la possibilité de mettre en place des mesures fiscales pour sanctionner les pays qui ne respecteraient pas les décisions du G20. Encore faut-il «pouvoir identifier les activités conduites. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas », a-t-elle nuancé.
Christine Lagarde a enfin insisté sur la nécessité d’harmoniser la réglementation des normes comptables. Il s’agit de permettre « la convergence des systèmes entre eux » afin de « comparer les mêmes éléments d’actif et de passif ».
Trois marqueurs
La question du niveau de capitaux détenu par les banques est liée à l’harmonisation des normes comptables. Mais la ministre de l’Economie n’a pas mentionné le sujet de l’augmentation du ratio des banques dans sa présentation des principaux objectifs français dans la négociation. « Je ne l’ai pas évoqué parce que je vous ai dit que j’avais trois marqueurs », a-t-elle indiqué. C’est pourtant un élément essentiel pour les Etats-Unis. Opposés à la limitation de la rémunération des traders, les Américains voient dans l’accroissement des fonds propres des banques un renforcement des garanties contre les risques. L’opposition des Européens tiendrait en partie au fait que les Américains ont plus facilement accès aux fonds propres des banques (EurActiv.fr 22/09/2009).
Difficile de dire quelles seront les avancées enregistrées lors de la réunion des vingt économies les plus riches du monde. C’est « un défi », a indiqué Christine Lagarde. « On assiste à suffisamment d’éléments de reprise pour que des acteurs se disent que le pire est derrière nous, c’est particulièrement vrai aux Etats-Unis ». Une attitude fustigée par la ministre, selon laquelle, « on ne sera véritablement sortis de la crise que lorsqu’on aura traité le mal à la racine ». C’est à dire « quand nos économies recommenceront à créer à de l’emploi et que nous aurons trouvé des systèmes de régulation et de supervision du système financier international ».
Dans ce contexte de reprise, les positions des Européens, des Américains et des pays émergents seront plus difficiles encore à rapprocher. « Nous sommes tous sur la même longueur d’ondes mais pas avec le même ordre de priorités », a indiqué, diplomate, Christine Lagarde. « Les pays émergents ne sont par exemple pas totalement mobilisés sur la question de la régulation financière car en général leur système financier a tenu » pendant la crise, a-t-elle ajouté. Quant au couple franco-allemand, il semble totalement en phase. « Vous me demandez d’identifier des zones de divergences. Je n’en vois pas », a répondu la ministre à une question d’un journaliste sur la nature des relations entre Paris et Berlin dans la négociation.






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